
Gouvernance du fait religieux : le Sénégal prépare une cartographie nationale des événements
Le Sénégal amorce une nouvelle étape dans l’organisation de ses activités religieuses. Le délégué général aux Affaires religieuses, Djim Ousmane Dramé, a annoncé la mise en place prochaine d’une cartographie nationale des événements religieux. L’objectif affiché est de mieux encadrer et coordonner l’accompagnement de l’État lors des grandes manifestations spirituelles.
Dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS), le responsable a précisé que ce travail sera mené en collaboration étroite avec les autorités administratives territoriales, notamment les gouverneurs, préfets et sous-préfets. Il s’agira d’établir une vision globale et actualisée des rassemblements religieux sur l’ensemble du territoire, afin d’anticiper plus efficacement les besoins logistiques et sécuritaires.
La démarche mobilisera plusieurs départements ministériels, en particulier le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Cette approche interministérielle est jugée essentielle pour assurer une meilleure planification des dispositifs d’encadrement et de sécurité liés aux grands événements.
Djim Ousmane Dramé a toutefois souligné que l’État n’a pas vocation à se substituer aux organisateurs. Son intervention restera un appui, tant matériel que financier. « L’État ne peut pas tout faire, mais il contribue et accompagne », a-t-il rappelé.
Parallèlement, la Délégation générale aux Affaires religieuses (DEGAR) conduit un vaste chantier de recensement des lieux de culte, des structures d’enseignement religieux et des organisations confessionnelles. Ce travail est réalisé avec l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), afin de disposer de données fiables sur les mosquées, églises et autres espaces cultuels.
Institution transversale couvrant l’islam, le christianisme et les religions traditionnelles, la DEGAR entend renforcer le dialogue entre l’État et les communautés religieuses, tout en veillant à la préservation des valeurs spirituelles et socioculturelles du pays. Elle assure également le suivi des politiques publiques en matière de tolérance et de dialogue interreligieux, ainsi que la promotion de l’insertion des diplômés en langue arabe.
Autre priorité : le programme spécial de développement des grands foyers religieux, axé sur la modernisation des cités religieuses. Une commission nationale a été instituée pour piloter ce chantier stratégique.
Créée par le décret n°2025-1958 du 5 décembre 2025, la Délégation générale aux Affaires religieuses remplace l’ancienne Direction des Affaires religieuses et de l’insertion des diplômés en langue arabe. À travers cette réforme, les autorités ambitionnent de structurer davantage la gouvernance du fait religieux, dans un pays où les pratiques spirituelles occupent une place centrale dans la vie sociale et culturelle.
