La France bloque l’importation de fruits traités avec des pesticides interdits en Europe

La France bloque l’importation de fruits traités avec des pesticides interdits en Europe

Le gouvernement français a officialisé, mercredi 7 janvier, la suspension des importations de fruits et légumes contenant des pesticides interdits dans l’Union européenne. La mesure, qualifiée de « conservatoire », entrera en vigueur dès jeudi pour une durée maximale d’un an, dans l’attente d’une décision de la Commission européenne.

Sont notamment concernés les avocats, mangues, agrumes, tomates ou pommes de terre traités avec cinq substances proscrites dans l’UE : quatre fongicides (mancozèbe, thiophanate-méthyl, carbendazime, bénomyl) et un herbicide, le glufosinate. Ces produits sont jugés dangereux pour la santé humaine, certains étant suspectés d’effets cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

Cette décision intervient dans un contexte de forte tension agricole, à l’approche de la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Les agriculteurs français dénoncent une concurrence jugée déloyale, estimant que les produits importés ne respectent pas les normes sanitaires et environnementales imposées aux producteurs européens.

Le ministère de l’Agriculture précise que l’arrêté ne vise pas une région en particulier, même si l’Amérique du Sud est fortement concernée, mais s’applique à tout pays exportant des denrées traitées avec ces substances. Paris estime que les seuils de résidus autorisés par l’UE pour les produits importés restent « trop élevés ».

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, doit défendre cette position à Bruxelles, où la Commission dispose de dix jours pour examiner la mesure. Elle pourra soit ne pas s’y opposer, soit l’étendre à l’ensemble de l’UE, soit la rejeter.

En parallèle, l’arrêté impose aux entreprises du secteur alimentaire de renforcer leurs contrôles, en traçant l’origine des produits importés et en prouvant l’absence de résidus interdits. Les stocks déjà présents sur le marché bénéficieront d’un délai d’écoulement d’un mois.

Le gouvernement assume cette ligne dure, présentée comme une démarche de « patriotisme alimentaire », visant à garantir une concurrence équitable et une meilleure protection des consommateurs, quitte à raviver les tensions avec Bruxelles et certains partenaires commerciaux.

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