
À Alep, le pouvoir syrien reprend le contrôle des quartiers kurdes après de violents combats
Après cinq jours d’affrontements intenses, les combattants kurdes ont quitté le quartier de Cheikh-Maqsoud, à Alep, où ils s’étaient retranchés face aux forces gouvernementales syriennes. Leur repli vers le Nord-Est du pays marque une victoire politique significative pour le président Ahmed Al-Charaa, qui renforce à la fois son autorité sur le terrain et sa crédibilité auprès des courants radicaux qui le contestent en interne.
Dans ce quartier à majorité kurde, les stigmates des combats sont encore omniprésents. Autour de l’hôpital Khaled-Fajr, épicentre des affrontements, chars calcinés, gravats et restes de munitions jonchent les rues. Les combats ont opposé, jusqu’au samedi 10 janvier au soir, les forces de sécurité de la métropole du nord de la Syrie aux combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes.
Les autorités interdisent toujours l’accès à certaines zones, invoquant la présence de mines et de pièges explosifs. Selon des membres des forces de sécurité déployées sur place, des engins auraient été dissimulés dans des habitations, des objets du quotidien et même des lieux de culte, rendant la sécurisation du quartier particulièrement délicate.
Pour les habitants, ces journées ont été marquées par la peur et l’incertitude. Fatma Hussein, une résidente kurde de 42 ans, raconte avoir vécu enfermée avec sa famille au rythme des bombardements. Refusant de fuir, elle décrit des combats de rue violents, la présence de snipers et la dispersion de combattants kurdes au sein de la population civile. Selon des témoignages concordants, des civils auraient été empêchés de quitter la zone durant les affrontements.
À la sortie de son immeuble, après l’annonce officielle de la reprise du quartier par Damas, Fatma Hussein affirme avoir découvert des corps sans vie dans les rues et évoque des familles toujours portées disparues. Malgré ce traumatisme, elle dit ne pas redouter la reprise en main du quartier par le pouvoir central, exprimant avant tout un désir de paix, de sécurité et d’unité nationale.
Les autorités syriennes assurent de leur côté vouloir privilégier la réconciliation, promettant des garanties à ceux qui accepteraient de déposer les armes. Une stratégie qui vise autant à stabiliser Alep qu’à envoyer un signal politique fort dans un pays encore profondément marqué par des années de guerre.
