
Accords de libre-échange de l’UE : ce qu’il faut savoir après la mobilisation des agriculteurs
Mobilisés depuis jeudi dernier, des agriculteurs ont exprimé leur opposition à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont la signature officielle est prévue ce samedi par la présidente de la Commission européenne. Cette contestation remet en lumière les accords de libre-échange (ALE) déjà ratifiés par l’Union européenne et leurs implications, notamment pour la Belgique.
Les accords de libre-échange visent à faciliter le commerce international en réduisant, voire en supprimant, les droits de douane sur de nombreux produits. Pour les pays membres de l’UE, dont la Belgique, ces accords présentent plusieurs avantages : ils permettent l’importation de produits qui ne sont pas ou peu fabriqués localement, tout en offrant aux entreprises européennes de nouvelles opportunités d’exportation.
Pour les producteurs belges, ces accords peuvent ainsi se traduire par une augmentation du chiffre d’affaires grâce à l’accès à de nouveaux marchés. En contrepartie, l’arrivée de produits étrangers renforce la concurrence sur le marché intérieur, ce qui peut exercer une pression à la baisse sur les prix, au détriment de certains secteurs agricoles.
L’un des points de crispation majeurs concerne les normes de sécurité et de production. Dans le cas de l’accord avec le Mercosur, de nombreux agriculteurs craignent que les standards imposés en Belgique et dans l’UE ne soient pas respectés par les producteurs étrangers. Les autorités européennes assurent toutefois que des normes sanitaires strictes sont exigées et que des mécanismes de contrôle sont en place. Afin de limiter les effets d’une concurrence jugée excessive, des quotas sont également instaurés, notamment sur les importations de viande, pour éviter une saturation du marché.
Avant l’accord avec le Mercosur, l’Union européenne a déjà ratifié deux grands accords de libre-échange : le CETA, conclu avec le Canada et en vigueur depuis 2017, et le JEFTA, signé avec le Japon. Le CETA concerne notamment les échanges de fromages et autres produits laitiers européens, de chocolat, de bières, ainsi que l’importation de viande canadienne.
Dans ce cadre, des quotas encadrent les volumes de viande canadienne pouvant entrer sur le marché belge, tandis que des limites similaires s’appliquent aux produits laitiers européens exportés vers le Canada. Des dispositifs qui illustrent la volonté de l’UE de concilier ouverture commerciale et protection de ses producteurs, un équilibre au cœur des débats actuels autour de l’accord UE–Mercosur.
