
Uemoa : une croissance robuste malgré un environnement économique mondial incertain
Dans un contexte international marqué par le ralentissement de l’économie mondiale et la persistance des tensions commerciales, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) affiche une résilience remarquable. Alors que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance mondiale limitée à 3,2 % en 2025, la zone Uemoa devrait enregistrer une progression économique de 6,7 %, contre 6,2 % en 2024, selon sa dernière note de conjoncture.
Cette dynamique s’appuie sur une demande intérieure soutenue, de bonnes performances agricoles et l’entrée en production de nouveaux gisements d’hydrocarbures, notamment au Niger et au Sénégal. Ce dernier joue un rôle moteur dans la croissance régionale, avec une hausse de 25,3 % de son activité industrielle au troisième trimestre 2025, tirée par l’essor du secteur extractif lié à l’exploitation pétrolière et gazière offshore.
Cette embellie ne fait toutefois pas disparaître certaines fragilités. Les exportations sénégalaises ont reculé de 11,4 % sur la période, contribuant à un déficit commercial régional estimé à 261,4 milliards de francs CFA. Sur le front des prix, l’inflation demeure globalement contenue dans l’espace Uemoa, avec un taux projeté à 0,8 % en 2025. Au Sénégal, elle s’est établie à 2,2 %, sous l’effet principalement de la hausse des prix des produits alimentaires.
Les finances publiques présentent néanmoins des signes encourageants, avec une progression de 19,7 % des recettes de l’Union et des efforts notables de rationalisation des dépenses, en particulier au Sénégal. Le niveau élevé de la dette publique sénégalaise, estimé à 119 % du PIB, demeure cependant un défi majeur, tout comme les tensions persistantes sur les réserves de change.
Malgré ces contraintes, les perspectives économiques de l’Uemoa restent favorables. La région démontre sa capacité d’adaptation face à un environnement mondial incertain. Pour consolider cette trajectoire, l’Uemoa plaide pour la poursuite de l’assainissement budgétaire, la diversification des exportations et une gestion rigoureuse des revenus issus des hydrocarbures, afin de garantir une croissance inclusive et durable.
