
Raymond Hack, ancien patron de la discipline mondiale, fustige la gestion de la CAF
Raymond Hack est une figure bien connue des instances disciplinaires du football international. Juriste sud-africain, il a présidé pendant de nombreuses années la Commission de discipline de la FIFA, avant de siéger également à la Commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF). Sa voix, respectée pour sa rigueur et son expérience, continue de peser dans les débats liés à la gouvernance et à l’éthique du football.
Interrogé sur les récentes décisions disciplinaires de la CAF, Raymond Hack n’a pas mâché ses mots, dénonçant ce qu’il considère comme un échec institutionnel majeur.
Une image du football africain “gravement endommagée”
Pour l’ancien responsable disciplinaire, la commission de discipline de la CAF n’a pas su protéger l’image du football africain à l’issue d’une finale pourtant bien organisée.
« La commission de discipline a failli à redresser l’image de la CAF qui a été réellement endommagée. C’était une finale très bien organisée par le Maroc qui aurait dû être un joyau du football africain, mais qui, au final, s’est muée en désastre. »
Une sanction jugée dérisoire contre Pape Thiaw
Raymond Hack s’est montré particulièrement sévère concernant la sanction infligée à Pape Thiaw, suspendu cinq matchs CAF et condamné à une amende de 100 000 dollars.
« C’est absolument ridicule. Il peut disputer le Mondial. Si j’étais président de la Commission, j’aurais imposé un bannissement d’au moins six mois. »
Pour étayer son propos, il établit une comparaison avec des précédents disciplinaires majeurs traités par la FIFA :
- Diego Maradona (2014) : trois mois de suspension pour insultes envers des journalistes
- Luis Suárez : cinq mois de suspension pour avoir mordu un adversaire
- Pape Thiaw : cinq matchs CAF malgré un appel à quitter le terrain et 17 minutes de chaos suivies dans le monde entier
Une hiérarchisation des sanctions que Hack juge incohérente.
Des amendes jugées symboliques
L’amende de 300 000 dollars infligée à la fédération n’échappe pas non plus à ses critiques :
« Qu’est-ce que cela signifie quand le vainqueur empoche 10 millions de dollars ? C’est totalement disproportionné. »
Suspensions de joueurs : une réponse insuffisante
Enfin, concernant les suspensions de deux matchs infligées à Sarr et Ndiaye, l’ancien dirigeant disciplinaire dénonce un manque de sévérité :
« Donner deux matchs de suspension aux joueurs est ridicule. Deux cartons jaunes entraînent déjà deux matchs de suspension. Qu’est-ce qui est le plus grave ? »
Une critique qui relance le débat
À travers ces déclarations, Raymond Hack relance le débat sur la crédibilité des organes disciplinaires africains et sur la nécessité d’une jurisprudence plus cohérente et dissuasive. Pour cet ancien gardien de l’orthodoxie disciplinaire mondiale, l’enjeu dépasse les sanctions individuelles : il s’agit de préserver l’intégrité et la réputation du football africain sur la scène internationale.
