
Santé reproductive en Afrique de l’Ouest : le RAES mobilise les acteurs autour du programme « C’est la vie ! »
En Afrique de l’Ouest, les adolescentes et les jeunes femmes restent confrontées à de profondes inégalités qui freinent leur accès à la santé reproductive et à l’exercice de leurs droits. Mariages précoces, grossesses non désirées et violences basées sur le genre continuent de peser lourdement sur leur autonomisation. C’est dans ce contexte que l’ONG RAES a organisé, les 27 et 28 janvier 2026 à Toubab Dialaw, un atelier régional réunissant organisations de la société civile, membres de consortium et acteurs institutionnels venus du Sénégal, du Niger, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire.
Au centre des échanges figurait le programme stratégique « C’est la vie ! », initiative phare du RAES lancée en 2012. Basée sur une approche de communication à 360 degrés, cette stratégie vise à informer et sensibiliser les jeunes sur la santé reproductive, maternelle et infantile, tout en luttant contre les violences basées sur le genre.
L’ouverture des travaux s’est déroulée en présence du Dr Moussa Diaw, Directeur général de la Santé de Sédhiou, qui a salué la cohérence du programme avec les priorités nationales en matière d’égalité de genre. Pour sa part, Thierno Diop, président du Conseil d’administration du RAES, a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre le plaidoyer et l’accès concret aux services de santé afin d’accroître l’impact des interventions sur le terrain.
Des résultats encourageants, mais des défis persistants
La première phase du programme présente des résultats jugés globalement satisfaisants. Selon Raby Sambe, responsable de projet, cette réussite repose sur un travail de proximité qui a permis aux jeunes âgés de 10 à 35 ans d’adopter des comportements plus responsables en matière de santé. Des témoignages recueillis à Sédhiou, Niamey, Ouagadougou et Abidjan font état d’une amélioration notable du niveau de sensibilisation.
Cependant, plusieurs obstacles demeurent, notamment le poids des normes socioculturelles, l’isolement de certaines zones rurales et la nécessité de renforcer la diffusion des messages dans les langues locales afin de toucher un public plus large.
De nouvelles orientations pour renforcer l’impact
Pour la prochaine phase, le RAES et ses partenaires comptent intensifier les émissions-débats dans les médias communautaires et poursuivre les actions de formation sur la dignité menstruelle, dans l’objectif de favoriser le maintien des jeunes filles à l’école. Le programme prévoit également le développement de contenus en langues locales, notamment au Niger, un plaidoyer renforcé auprès des leaders communautaires, ainsi que l’organisation de caravanes de sensibilisation mêlant communication de proximité et mobilisation citoyenne, en particulier en Côte d’Ivoire.
En clôture des travaux, Thierno Diop a réaffirmé l’engagement du RAES à poursuivre cette dynamique collective, afin de contribuer durablement à la garantie des droits en santé reproductive des jeunes filles et des femmes en Afrique de l’Ouest.
