
Sécurité : le gouvernement belge ouvre la voie à l’interdiction d’entrée à vie pour les personnes liées au terrorisme
Le gouvernement fédéral belge franchit un nouveau cap dans le renforcement de son arsenal sécuritaire. Réuni vendredi en Conseil des ministres, l’exécutif a approuvé un avant-projet de loi prévoyant la possibilité d’interdire à vie l’entrée sur le territoire belge aux personnes considérées comme une menace terroriste. Une mesure exceptionnelle, réservée aux cas les plus graves, qui devra encore être validée par la Chambre des représentants.
Concrètement, le texte vise les individus inscrits sur la liste de l’Ocam (Organe de coordination pour l’analyse de la menace). Jusqu’à présent, la législation limitait la durée maximale d’une interdiction d’entrée à 30 ans. La réforme introduit désormais la possibilité d’une interdiction à vie pour les personnes sans titre de séjour en Belgique ou dans l’espace Schengen, condamnées pour des faits de terrorisme ou d’incitation à la haine.
« Nous protégeons notre société en envoyant un message clair : quiconque représente une menace pour la sécurité de nos citoyens ne bénéficiera pas d’une seconde chance de revenir en Belgique », a déclaré la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, porteuse du projet.
Un dispositif strictement encadré
Chaque décision d’interdiction à vie devra être précédée d’une analyse approfondie de l’Ocam. Les personnes concernées seront automatiquement inscrites dans le Système d’information Schengen ainsi que dans les bases de données policières. Elles se verront interdire l’accès non seulement à la Belgique, mais à l’ensemble de l’espace Schengen. Leurs demandes de visa ou de titre de séjour seront systématiquement rejetées par l’Office des étrangers.
Les chiffres récents témoignent déjà d’un durcissement progressif de la politique en la matière. L’an dernier, 42 interdictions d’entrée d’une durée de 20 ans ou plus ont été prononcées, sur un total de 5.998 interdictions. Ce nombre est plus du double de celui enregistré en 2023 (15) et en hausse par rapport à 2024 (33), année où la durée maximale était encore fixée à 20 ans. Une interdiction de 30 ans a par ailleurs été prononcée pour la première fois en 2025.
Si le texte est adopté par le Parlement, la Belgique se dotera ainsi d’un instrument juridique inédit, illustrant la volonté du gouvernement de durcir durablement sa réponse face à la menace terroriste.
