
Grève au LETEC : le dialogue reprend, les travailleurs appelés à trancher
Le dialogue social a repris entre les syndicats et la direction du groupe LETEC, à l’issue d’une réunion de plusieurs heures tenue hier. Si aucun accord de fond n’a été trouvé, les deux parties ont convenu d’un gel des mesures contestées et de l’établissement d’un calendrier de négociations s’étendant jusqu’à la fin de l’année. Reste toutefois une inconnue majeure : la reprise ou non du travail par les agents, appelée à être décidée ce matin en assemblée générale.
« On a enfin pu se parler », a déclaré jeudi Serge Delchambre, secrétaire interrégional wallon de la CGSP TBM, à l’issue d’une rencontre d’un peu plus de deux heures. Le syndicaliste évoque une « ouverture d’esprit des deux côtés », tout en reconnaissant que les divergences demeurent. « Je ne dis pas que tout est réglé, loin de là, mais les mesures sont gelées et les discussions vont reprendre pour tenter d’aboutir à un accord d’ici la fin de l’année », a-t-il précisé.
Cette reprise du dialogue ne signifie toutefois pas la fin immédiate du mouvement de grève qui perturbe depuis plusieurs jours le réseau de bus et de trams en Wallonie. La décision revient désormais aux travailleurs, réunis ce matin en assemblées générales dans les différents dépôts.
À 7 heures, à Jumet, l’incertitude restait entière. « Ce qui bloque aujourd’hui, c’est la question de la confiance », confiait Serge Delchambre. « Certains veulent donner une chance à la négociation, d’autres estiment qu’il ne faut plus négocier. »
Selon les informations recueillies, aucun bus ne circulera ce vendredi. Les assemblées auraient néanmoins voté la reprise du travail dans le Brabant wallon ainsi que dans la zone Namur-Luxembourg. En revanche, à Liège et à Charleroi, la reprise est reportée au plus tôt à lundi, une nouvelle assemblée générale devant se tenir après le week-end.
Les conditions de vote suscitent par ailleurs des tensions. Les décisions ont été prises à main levée, parfois dans un climat jugé pesant par certains travailleurs. À la sortie du vote à Robermont, les avis étaient partagés. « On veut préserver nos acquis et on ira jusqu’au bout », affirmait un agent, déterminé à poursuivre le mouvement.
D’autres se montraient plus réservés. « On aurait dû reprendre », estimait un chauffeur, regrettant l’absence de scrutin à bulletin secret. « À mon avis, le résultat aurait été différent. » Un troisième témoignage souligne les difficultés financières engendrées par la grève : « On gagne 45 euros par jour. Beaucoup de collègues vont se retrouver en grande difficulté. Mais je respecte la décision de chacun. Pour ma part, je pense qu’il faudrait reprendre. »
