UCAD : une intervention policière qui vire au drame et relance le débat sur le maintien de l’ordre

UCAD : une intervention policière qui vire au drame et relance le débat sur le maintien de l’ordre

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a une nouvelle fois été le théâtre de violences graves lors d’une intervention policière censée rétablir l’ordre. Les événements survenus hier se sont soldés par la mort d’un étudiant en médecine, Abdoulaye Ba, plongeant la communauté universitaire dans la stupeur et l’indignation.

Selon de nombreux témoignages et images largement relayées sur les réseaux sociaux, l’intervention des forces de l’ordre a été marquée par un usage excessif de la force, transformant le campus en un véritable champ d’affrontements. Pour une partie de l’opinion, il ne s’agissait plus d’une opération de maintien de l’ordre, mais d’une répression brutale, menée sans discernement.

Contrairement à des précédents dossiers, la thèse de l’accident peine cette fois à s’imposer. Tout au long de la journée, des séquences jugées choquantes ont circulé en ligne, suscitant une vague d’indignation. Elles montrent des scènes de violences répétées, qualifiées par certains observateurs de gratuites et disproportionnées.

Trois faits retiennent particulièrement l’attention. Le premier concerne l’intrusion de policiers dans des chambres du campus social, avec l’arrachement de grilles de fenêtres et le bris de vitres pour atteindre des étudiants retranchés dans leurs pavillons. Une action qui interroge, dans la mesure où des étudiants confinés dans leurs chambres ne représentaient plus, selon plusieurs analystes, une menace immédiate pour l’ordre public.

Le deuxième point porte sur l’usage massif de grenades lacrymogènes à l’intérieur des pavillons, notamment ceux réservés aux étudiantes. Des gaz ont été répandus dans des espaces clos, malgré les risques connus pour la santé, en particulier pour les personnes souffrant de pathologies respiratoires comme l’asthme. Des incidents similaires avaient déjà suscité des alertes par le passé.

Enfin, des images montrent des actes de destruction de biens, notamment des motos stationnées devant certains pavillons, renversées par des policiers sans lien apparent avec une opération de sécurisation. Des faits qui soulèvent des questions sur la proportionnalité et la finalité réelle de l’intervention.

L’ensemble de ces éléments alimente un constat sévère : aux yeux de nombreux observateurs, la mission de maintien de l’ordre aurait été inversée, privilégiant la force et la coercition au détriment de la protection, de l’apaisement et de la prévention.

Si l’ouverture d’enquêtes et la recherche des responsabilités apparaissent indispensables, plusieurs voix estiment que l’urgence réside surtout dans une révision profonde des méthodes d’intervention policière en milieu universitaire, à travers une meilleure formation et une gestion plus adaptée des foules. Faute de quoi, préviennent-ils, l’UCAD pourrait continuer d’être le théâtre de drames évitables.

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