Bangladesh : la rupture avec New Delhi s’accentue après la chute de Sheikh Hasina

Au Bangladesh, l’Inde fait face à une montée marquée du sentiment hostile à son égard. Longtemps considérée comme un allié historique – notamment pour son soutien décisif lors de la guerre d’indépendance de 1971 contre le Pakistan –, New Delhi est aujourd’hui perçue par une partie de l’opinion bangladaise comme un acteur problématique.

Cette défiance s’est accentuée après la chute, en 2024, de l’ancienne première ministre Sheikh Hasina, renversée par un mouvement populaire. Réfugiée en Inde dans un lieu tenu secret, elle continue d’intervenir dans le débat politique bangladais, critiquant le gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus et contestant la régularité du processus électoral.

Déjà durant son mandat, des soupçons circulaient quant à une ingérence des services indiens en faveur de son maintien au pouvoir, notamment par des manipulations électorales et des opérations d’espionnage contre l’opposition. Ces accusations ont nourri et amplifié le sentiment anti-indien après son départ.

Condamnée à mort par contumace par un tribunal spécial bangladais, Sheikh Hasina demeure un point de crispation majeur entre les deux pays. Des responsables politiques bangladais, dont Humayun Kabir, conseiller du candidat Tarique Rahman (Parti nationaliste du Bangladesh), estiment que toute relation avec un pays hébergeant l’ancienne dirigeante serait inacceptable, l’accusant de contribuer à la déstabilisation nationale.

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