
La France maintient son influence à l’OTAN, mais perd du terrain sur le flanc est
Malgré un lobbying intensif mené depuis deux ans, la France n’a pas réussi à renforcer son poids au sein de l’OTAN lors de la récente réorganisation des postes clés, actée le 6 février par les alliés. Cette redistribution, la première depuis plus d’une décennie, a été motivée par l’élargissement de l’Alliance à la Suède et à la Finlande, ainsi que par le désengagement progressif des États-Unis.
Paris conserve néanmoins une position stratégique au sein du Shape, le commandement des forces alliées, où le général Ludovic Pinon de Quincy occupe le poste de vice-chef d’état-major. En revanche, elle perd le contrôle du commandement régional de Brunssum (Pays-Bas), crucial pour la défense du flanc est de l’Europe dans un contexte de tensions accrues avec la Russie. Ce poste sera désormais partagé entre l’Allemagne, déjà en place, et la Pologne, qui fait ainsi son entrée à un niveau décisionnel majeur.
Cette réorganisation souligne les réalités géopolitiques actuelles : si la France reste un acteur influent, elle voit son rôle évoluer face à des alliés européens, comme l’Allemagne et la Pologne, qui renforcent leur présence dans des zones stratégiques. Les États-Unis, bien que souhaitant réduire leur engagement, conservent une position dominante au sein de l’Alliance.
Cette redistribution des postes illustre les équilibres de pouvoir en jeu au sein de l’OTAN, où les priorités stratégiques et les alliances régionales redessinent progressivement la carte de l’influence militaire.
