
Tensions à l’UCAD : le RV-ACD charge l’État et exige des sanctions
Le Bureau politique du Rassemblement pour la Vérité / And Ci Degg (RV-ACD) est monté au créneau à la suite des événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué au ton offensif, la formation dénonce une gestion qu’elle qualifie d’« irresponsable, autoritaire et indigne ».
Dirigé par Cheikh Oumar Diagne, le mouvement estime que les violences enregistrées sur le campus s’inscrivent dans « une politique délibérée de répression brutale » visant une jeunesse « déjà sacrifiée ». Le RV-ACD accuse les forces de défense et de sécurité d’avoir procédé à des saccages de biens étudiants, à des intrusions dans les chambres universitaires et à des agressions physiques. Il évoque également la profanation de la mosquée de l’UCAD, des faits jugés « infamants et indignes d’un État qui se prétend républicain ».
Le parti considère par ailleurs que le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba constitue « une perte irréparable » et engage « pleinement et directement la responsabilité politique, administrative et pénale de l’État ».
Face à la crise, le RV-ACD affiche son soutien aux étudiants et exige leur libération « immédiate et sans condition ». Il réclame le paiement intégral des arriérés de bourses, la démission du ministre de l’Intérieur ainsi que celle des responsables de la chaîne de commandement concernée. Le mouvement plaide également pour des réformes structurelles, notamment l’alignement de l’année boursière sur l’année académique, et appelle à l’ouverture d’enquêtes « indépendantes et crédibles » afin de situer les responsabilités.
Dans son communiqué, le Bureau politique aborde aussi la question de la protection des mœurs, évoquant la nécessité de lutter contre des crimes tels que la transmission volontaire du VIH et la pédocriminalité. Le RV-ACD demande en outre l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité et appelle l’État à renforcer sa vigilance à l’égard des ONG et associations qu’il soupçonne de promouvoir un agenda LGBT.
Enfin, le mouvement s’est exprimé sur la situation de supporters sénégalais détenus au Maroc. Il interpelle les autorités, qu’il juge « passives et silencieuses », et exige l’engagement de démarches diplomatiques urgentes en vue de leur libération et de leur rapatriement.
