Relance du rail : Yankhoba Diémé dévoile la stratégie de renaissance ferroviaire

Relance du rail : Yankhoba Diémé dévoile la stratégie de renaissance ferroviaire

Invité de l’émission En Vérité, le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a détaillé les conclusions de sa rencontre avec le Premier ministre consacrée à la relance du chemin de fer, qu’il considère comme un levier central du développement économique du Sénégal.

Le ministre a rappelé qu’à l’indépendance, le pays disposait de 1 034 kilomètres de voies ferrées opérationnelles, ce qui en faisait l’un des réseaux les plus structurés de la sous-région. Aujourd’hui, seuls 114 kilomètres restent exploités, principalement par les Industries chimiques du Sénégal (ICS) et la Grande Côte Opérations (GCO) sur l’axe Dakar–Mboro.

« Aucun pays développé ne s’est construit sans le chemin de fer », a-t-il insisté, qualifiant le déclin du rail de « plus grande erreur de réglage » dans la trajectoire de développement national. Il a rappelé le rôle déterminant du train dans l’essor de villes comme Thiès, Diourbel, Touba, Saint-Louis, Guinguinéo, Koungheul ou encore Mboro.

Deux axes stratégiques

Selon Yankhoba Diémé, le président de la République a donné des orientations claires pour l’élaboration d’une politique nationale du ferroviaire adossée à un schéma directeur ambitieux. Deux options sont à l’étude : la modernisation des lignes existantes à écartement métrique et la construction de nouvelles infrastructures répondant aux standards internationaux.

Parmi les priorités identifiées figurent les corridors Dakar–Saint-Louis et Dakar–Tambacounda via Kaolack. La ligne Dakar–Tambacounda est particulièrement stratégique pour le transport de marchandises et le désengorgement des routes.

Réduire les accidents et préserver les routes

Le ministre estime que la marginalisation progressive du rail a accentué la pression sur le réseau routier, contribuant à la hausse des accidents impliquant des poids lourds. La remise en service du train permettrait de limiter les trajets des camions maliens jusqu’à Dakar, en facilitant le transbordement des marchandises à Kidira ou Tambacounda.

Au-delà de la sécurité routière, la relance ferroviaire devrait contribuer à la préservation des infrastructures routières et à la revitalisation des grandes gares régionales.

S’agissant de la ligne Dakar–Tambacounda, Yankhoba Diémé a assuré que plus de 90 % des travaux de réhabilitation sont achevés, ouvrant la voie à une reprise prochaine du trafic dès finalisation des 10 % restants.

À travers ce chantier structurant, les autorités ambitionnent de replacer le rail au cœur de la dynamique économique et territoriale du pays.

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