
Mexique : « El Mencho », chef du CJNG, tué lors d’une opération de l’armée
Le narcotrafiquant mexicain Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », a été tué le 22 février lors d’une opération de l’armée mexicaine. Figure centrale du crime organisé, il dirigeait le Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), l’un des groupes criminels les plus puissants du pays. Sa tête était mise à prix à hauteur de 10 millions de dollars par les États-Unis.
Une organisation redoutée
Le nom du CJNG s’était imposé dans l’actualité internationale après une spectaculaire tentative d’assassinat visant, le 26 juin 2020, le chef de la police de Mexico, Omar Garcia Harfuch. À l’aube, dans le quartier huppé de Las Lomas, un commando lourdement armé avait ouvert le feu sur son convoi à l’aide de fusils Barrett 50 et de grenades. Le responsable policier avait survécu malgré plusieurs blessures, mais deux de ses gardes du corps et une passante avaient été tués.
Peu avant son opération chirurgicale, Omar Garcia Harfuch avait directement accusé le CJNG sur les réseaux sociaux.
Ascension fulgurante
Ancien policier issu d’un milieu rural modeste, Nemesio Oseguera Cervantes s’était imposé en une décennie comme l’un des barons de la drogue les plus influents du Mexique. Après la condamnation à la perpétuité de Joaquin Guzman, dit « El Chapo », ancien chef du cartel de Sinaloa, il était devenu la cible prioritaire de la Drug Enforcement Administration (DEA).
Selon le spécialiste du crime organisé Eduardo Guerrero, les trajectoires d’« El Mencho » et d’« El Chapo » différaient profondément : là où Guzman cultivait une image publique flamboyante, Oseguera Cervantes privilégiait la discrétion, opérant dans l’ombre tout en étendant l’influence de son organisation sur de vastes territoires.
Un tournant pour le narcotrafic ?
La mort d’« El Mencho » pourrait rebattre les cartes du narcotrafic mexicain. Le CJNG, réputé pour sa violence et sa capacité logistique, s’est imposé comme l’un des deux cartels dominants du pays, rivalisant avec celui de Sinaloa.
Reste à savoir si cette disparition affaiblira durablement l’organisation ou si elle ouvrira la voie à de nouvelles luttes internes et à une recomposition du paysage criminel mexicain.
