La Belgique frappe la « flotte fantôme » russe : un pétrolier arraisonné en mer du Nord avec l’appui de la France

La Belgique frappe la « flotte fantôme » russe : un pétrolier arraisonné en mer du Nord avec l’appui de la France

Les forces spéciales belges ont intercepté et saisi un pétrolier soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine. L’opération, menée de nuit en mer du Nord, a été annoncée dimanche par les autorités belges.

Le navire, identifié par le parquet fédéral comme l’« Ethera », a été intercepté dans la zone économique exclusive de la Belgique avant d’être escorté jusqu’au port de Zeebrugge. Le ministre de la Défense, Theo Francken, a confirmé que le bâtiment figurait sur la liste des sanctions de l’Union européenne.

Soupçons de faux pavillon

Bien que le pétrolier battait pavillon guinéen, une inspection à bord a révélé des documents jugés suspects. Selon le parquet, des éléments laissent penser que le navire naviguait sous faux pavillon, une infraction grave aux règles maritimes internationales. Une enquête pénale a été ouverte afin de déterminer les responsabilités.

Les autorités estiment que le navire se dirigeait vers la Russie. « Si un navire navigue sous faux pavillon, cela signifie qu’il ne respecte pas plusieurs réglementations internationales », a précisé le parquet fédéral dans un communiqué.

Soutien militaire français

L’opération s’est déroulée avec l’appui de la France, qui a mobilisé deux hélicoptères NH90 pour fournir un soutien aérien. Sur le réseau social X, le président français Emmanuel Macron a salué un « coup dur » porté à la flotte fantôme russe, diffusant des images montrant des militaires belges descendant en rappel pour prendre le contrôle du navire.

Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a félicité les forces armées pour leur « professionnalisme et leur détermination », remerciant Paris pour son « soutien essentiel ».

Moscou et Kiev réagissent

L’ambassade de Russie en Belgique a indiqué ne pas avoir été officiellement informée de la détention du pétrolier. Elle cherche à établir si des ressortissants russes se trouvaient à bord afin de « garantir leurs droits légaux ».

À l’inverse, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué « l’action forte » de la Belgique contre ce qu’il qualifie de « bourse flottante de Moscou ». Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a appelé les partenaires occidentaux à multiplier ce type d’initiatives pour priver la Russie des revenus finançant son effort de guerre.

Une stratégie de contournement des sanctions

Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie s’appuie sur une flottille de pétroliers aux structures opaques et souvent vieillissants pour exporter son pétrole brut en échappant aux restrictions occidentales. L’Union européenne a inscrit des centaines de navires sur liste noire afin de freiner ces pratiques.

Pour Bruxelles, cette opération illustre la volonté de faire respecter concrètement les sanctions. « Les sanctions n’ont de sens que si elles sont appliquées », a déclaré le chef de la diplomatie belge, soulignant la coordination avec les partenaires du G7, ainsi qu’avec les pays nordiques et baltes.

Cette interception marque ainsi un nouveau signal envoyé à Moscou : la surveillance maritime européenne se durcit.

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