Affaire Marc Uyttendaele : la plaignante refuse la médiation et réclame un procès

Affaire Marc Uyttendaele : la plaignante refuse la médiation et réclame un procès

Nouveau rebondissement dans le dossier judiciaire visant l’avocat constitutionnaliste Marc Uyttendaele. Alors que celui-ci a reconnu des faits d’atteinte à l’intégrité sexuelle à l’encontre d’une ancienne collaboratrice et accepté le principe d’une médiation pénale proposée par le Parquet de Bruxelles, la victime a décidé de refuser cette procédure et souhaite désormais que l’affaire soit jugée devant un tribunal.

Initialement, l’avocat avait nié les accusations portées contre lui. Mais confronté à des éléments matériels jugés probants par les enquêteurs, il a fini par admettre les faits concernant une ancienne avocate stagiaire. Le parquet avait alors proposé une médiation pénale entre les deux parties, un mécanisme permettant, sous certaines conditions, d’éviter un procès.

La plaignante, identifiée sous le prénom d’emprunt Sarah, a toutefois rejeté cette option. Dans un communiqué transmis par la partie civile, elle explique ne pas pouvoir accepter cette médiation en raison « du manque de sincérité et de reconnaissance pleine et entière » de la part de l’avocat.

Elle affirme également avoir été mal à l’aise face à plusieurs propositions de rencontre formulées par l’intermédiaire de l’avocate de Marc Uyttendaele dans le cadre de la médiation. Selon elle, ces démarches ont renforcé ses doutes sur la sincérité de la démarche.

Pour l’avocat pénaliste Fabian Lauvaux, inscrit au barreau de Charleroi, la médiation pénale ne peut avoir lieu sans l’accord de la victime. « La médiation contient différents aspects de négociation, notamment la réparation du dommage subi par la victime. Sans accord de celle-ci, il ne peut pas y avoir de médiation », explique-t-il.

Dans ce cas, poursuit-il, les poursuites ne peuvent être éteintes et le dossier doit suivre la procédure judiciaire classique.

La partie civile critique par ailleurs la ligne de défense adoptée par Marc Uyttendaele, qui évoque une « méprise » concernant le consentement, estimant avoir posé un seul « geste inapproprié ». Les avocats de la plaignante contestent cette version et évoquent au contraire plusieurs attouchements malgré un refus clairement exprimé.

La défense de la victime invoque également la Convention d’Istanbul, qui vise à prévenir et combattre les violences faites aux femmes. Selon l’avocat de la partie civile, Anthony Rizzo, ce texte prévoit que les États ne doivent pas encourager la médiation dans certains cas de violences sexuelles lorsqu’elle est jugée inappropriée.

Au vu de ces éléments, la partie civile a officiellement informé ce vendredi le parquet de Bruxelles de son refus du processus de médiation, ouvrant la voie à une éventuelle procédure judiciaire publique.

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