Belgique : trois priorités face au conflit au Moyen-Orient après le Conseil national de sécurité

Belgique : trois priorités face au conflit au Moyen-Orient après le Conseil national de sécurité

Le Premier ministre belge Bart De Wever a défendu jeudi à la Chambre sa position prudente face à l’escalade au Moyen-Orient après l’attaque menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran et la riposte qui a suivi.

Interpellé par les députés, il a expliqué son silence par la nécessité d’éviter les déclarations précipitées. « Les grandes déclarations sont rarement productives », a-t-il affirmé, ajoutant : « Je suis historien, pas hystérique ».

Le chef du gouvernement a également critiqué certains partis de l’opposition, notamment le Parti Socialiste (PS) et le Parti du Travail de Belgique (PTB), qu’il accuse d’avoir adopté un ton excessif dans leurs réactions publiques.

Le débat sur le droit international

Lors du débat parlementaire, la question du respect du droit international a également été soulevée.

Bart De Wever a reconnu que celui-ci semblait aujourd’hui largement ignoré dans le contexte de la crise actuelle, tout en affirmant que le régime iranien le violerait depuis longtemps. « La dictature théocratique le bafoue depuis 47 ans », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a par ailleurs assuré qu’aucun projet européen ne prévoyait de rejoindre l’offensive menée par Israël et les États-Unis. Quant à l’évolution du conflit, il a indiqué espérer l’existence d’une stratégie de sortie, tout en reconnaissant qu’il n’en était pas certain.

Trois priorités définies par le gouvernement

Avant la séance parlementaire, le Conseil national de sécurité de Belgique s’est réuni jeudi matin à Bruxelles, au siège du gouvernement situé au 16 rue de la Loi.

Autour du Premier ministre figuraient notamment le ministre de la Défense Theo Francken, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin et le ministre de l’Énergie Mathieu Bihet, ainsi que des responsables de la police et des autorités judiciaires.

À l’issue de cette réunion, trois priorités ont été fixées :

  1. Assurer la sécurité des citoyens belges présents dans la région du Moyen-Orient.
  2. Évaluer l’impact du conflit sur la sécurité nationale et internationale.
  3. Préserver les intérêts économiques et la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la Belgique.

Sécurité renforcée sur le territoire

Avant même la réunion du Conseil national de sécurité, des mesures avaient déjà été mises en place.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a annoncé le renforcement de la protection des ambassades des pays directement impliqués dans le conflit, notamment celles des États-Unis, d’Israël et de l’Iran, conformément à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

La sécurité d’autres lieux sensibles a également été renforcée, sans que leur localisation ne soit rendue publique.

Le ministre a toutefois appelé à la prudence afin d’éviter toute dramatisation. Selon lui, si la crise internationale peut avoir des répercussions en Belgique, il n’est pas nécessaire d’inquiéter excessivement la population.

Le débat sur le retour des militaires dans les rues

Présent lui aussi au Conseil national de sécurité, le vice-Premier ministre David Clarinval a évoqué une situation « assez tendue » et la nécessité d’anticiper d’éventuels risques.

Interrogé sur un possible redéploiement de militaires dans les rues, il s’est déclaré favorable à cette option, appelant le parti CD&V à ne pas conditionner cette décision au débat sur la surpopulation carcérale.

Selon lui, des protocoles de sécurité pour Bruxelles et Anvers seraient prêts depuis la mi-novembre, dans l’objectif de renforcer rapidement les dispositifs de protection si la situation internationale venait à se dégrader.

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