
Alors que l’Iran tarde à annoncer le successeur d’Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines du 28 février, le président américain Donald Trump a averti dimanche que le nouveau guide suprême « ne tiendra pas longtemps » sans son aval, ajoutant une tension supplémentaire dans un climat déjà explosif.
L’Assemblée des experts, chargée de désigner le nouveau guide suprême, a confirmé avoir choisi son successeur, sans toutefois en révéler l’identité. Selon certains membres, le nouveau leader pourrait être Mojtaba Khamenei, fils du défunt ayatollah, tandis que le nom de Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique, circule également.
Trump a déclaré que le futur guide « devra obtenir notre aval, sinon il ne tiendra pas longtemps », rappelant qu’il ne tolérerait pas la succession de Mojtaba Khamenei. En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a insisté sur le fait que ce choix relève exclusivement du « peuple iranien ».
Intensification des frappes et menaces pétrolières
Israël a annoncé mercredi que le nouveau guide serait « une cible ». Depuis le début du conflit, les frappes israéliennes ont visé des infrastructures militaires et pétrolières, provoquant des explosions dans plusieurs villes iraniennes et à Beyrouth, où un hôtel a été touché et cinq officiers des Gardiens de la Révolution tués. Au Liban, le bilan des frappes contre le Hezbollah pro-iranien s’élève désormais à 394 morts et près de 517 000 déplacés.
En Iran, la population subit les conséquences des attaques : la distribution d’essence est limitée à 20 litres par véhicule et les stations-service affichent de longues files d’attente. Selon le ministère iranien de la Santé, plus de 1 200 personnes ont été tuées et plus de 10 000 blessées, des chiffres non vérifiés de manière indépendante.
L’armée iranienne a menacé de riposter en ciblant des sites pétroliers de la région, avertissant que le baril pourrait dépasser les 200 dollars. Les zones touchées sont strictement surveillées par des forces de sécurité équipées de masques et d’imperméables.
Répercussions régionales et mondiales
Le conflit affecte gravement les flux d’hydrocarbures : le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, est particulièrement exposé. Le Koweït et Bahreïn ont signalé des frappes sur leurs infrastructures, tandis qu’en Arabie saoudite, une attaque de drone a visé le quartier diplomatique de Riyad et le gisement de Shaybah. Des explosions ont également été rapportées à Abou Dhabi et en Israël, faisant plusieurs blessés.
Les réactions internationales se multiplient : le roi du Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a dénoncé ces « attaques sans précédent », tandis que la Ligue arabe les a qualifiées d’« irresponsables ». La Chine et la Russie, alliées traditionnelles de Téhéran, restent pour l’instant en retrait.
Le Moyen-Orient, déjà fragile, se trouve ainsi au bord d’une escalade majeure, avec un nouvel acteur politique iranien encore non confirmé, des frappes quotidiennes et des tensions autour des infrastructures pétrolières stratégiques.
