Côte d’Ivoire : Amnesty International réclame la libération de manifestants arrêtés après la présidentielle

Côte d’Ivoire : Amnesty International réclame la libération de manifestants arrêtés après la présidentielle

L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a appelé les autorités de Côte d’Ivoire à libérer plusieurs dizaines de personnes arrêtées lors des manifestations liées à l’élection présidentielle d’octobre dernier, parmi lesquelles figurent des femmes enceintes.

Le scrutin avait vu la réélection du président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat controversé, après l’exclusion de deux principaux candidats de l’opposition. La période électorale avait été marquée par des manifestations interdites par les autorités et par une répression jugée sévère par plusieurs ONG.

Des manifestants toujours détenus cinq mois après

Selon Amnesty International, certaines personnes interpellées lors de ces rassemblements sont toujours en détention cinq mois après les faits.

« Aujourd’hui, ces personnes restent détenues uniquement parce qu’elles se trouvaient à proximité des manifestations. Les autorités ivoiriennes doivent ordonner leur libération », a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional de l’organisation pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’ONG se dit particulièrement préoccupée par la situation de trois femmes enceintes incarcérées dans une prison d’Abidjan, la principale ville du pays.

Le gouvernement défend l’action de la justice

De son côté, le gouvernement ivoirien rejette ces accusations. Le porte-parole de l’exécutif, Amadou Coulibaly, a affirmé que les personnes arrêtées avaient commis des infractions et que les autorités agissaient dans le cadre de la loi pour « construire un État de droit ».

Des conditions de détention dénoncées

L’avocat des femmes concernées, Sylvain Tapi, conteste cette version. Selon lui, ses clientes ont été arrêtées lors d’opérations de police alors qu’elles vaquaient à leurs occupations quotidiennes.

« Elles se trouvent dans un environnement qui n’est pas propice à une grossesse saine. Elles sont gravement affectées tant sur le plan mental que physique », a-t-il dénoncé.

Les tensions politiques restent vives en Côte d’Ivoire depuis cette élection présidentielle contestée, qui avait déjà provoqué des violences ayant fait plusieurs morts et conduit à des centaines d’arrestations, selon les organisations de défense des droits humains.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *