Charleroi en alerte : le bourgmestre réclame un soutien fédéral face à la montée de la criminalité liée à la drogue

Face à une recrudescence de la violence urbaine et du trafic de drogue, le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, tire la sonnette d’alarme et appelle à l’intervention de l’échelon fédéral pour renforcer la sécurité dans la ville.

Des images de vidéosurveillance montrent des scènes inquiétantes : un homme poursuivi par quatre individus trouve refuge dans un café pour échapper à une agression. Selon des habitants interrogés, ce type d’incident devient presque quotidien dans certaines ruelles de Charleroi. « Il y a beaucoup de disputes, beaucoup de bagarres ici », confirme un passant, tandis qu’un jeune déplore les agressions et les rackets fréquents dans les petites allées.

L’année dernière, le parquet de Charleroi a enregistré environ 113.000 dossiers, en baisse par rapport aux 165.000 de 2024. Mais pour le bourgmestre, le problème ne se limite pas aux chiffres : il s’agit d’une nouvelle forme de violence liée au trafic de drogue qui touche plusieurs quartiers, notamment la Ville-Haute. « Ce phénomène dépasse le cadre de la ville propre de Charleroi, il nous faut l’aide du fédéral », insiste Thomas Dermine, soulignant également le sous-effectif de la police locale, qui manque d’environ 150 agents.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, est interpellé par le bourgmestre afin de fournir des moyens supplémentaires aux grandes villes comme Charleroi ou Liège. Dermine dénonce un sentiment d’abandon et réclame plus que des effets d’annonce pour sécuriser réellement la population.

La piste du déploiement militaire dans les rues, évoquée par le MR pour renforcer la sécurité, reste limitée. Si 200 militaires seront présents à Bruxelles et Anvers, puis à Liège, ils se concentreront sur la protection des sites fréquentés par la communauté juive. Un accord entre N-VA, MR et CD&V prévoit cependant un déploiement plus large pour lutter contre le trafic de drogue. Le ministre de la Défense, Théo Francken, a toutefois tempéré les attentes, rappelant que les forces militaires sont déjà fortement sollicitées à l’étranger et qu’un déploiement massif quotidien n’est pas possible.

Charleroi se retrouve donc à un tournant : face à la violence croissante, la ville attend désormais des mesures concrètes pour protéger ses habitants et soutenir une police locale en sous-effectif.

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