
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé mardi que son pays était prêt à accueillir d’éventuels pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, dans l’objectif de mettre fin à l’escalade militaire dans le Golfe.
Dans un message publié sur X, le chef du gouvernement a affirmé que le Pakistan soutenait pleinement les efforts diplomatiques en cours et se disait disposé à faciliter « des discussions significatives et concluantes », sous réserve de l’accord des deux parties.
Cette proposition intervient alors que le président américain Donald Trump a évoqué des échanges « productifs » avec Téhéran, tout en suspendant temporairement des menaces de frappes visant des infrastructures énergétiques iraniennes. Une version aussitôt démentie par les autorités iraniennes, qui nient l’existence de discussions directes.
Une escalade militaire et énergétique
Depuis les frappes lancées le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les tensions se sont intensifiées dans la région. Téhéran a riposté en ciblant des pays abritant des bases américaines et en s’attaquant à des infrastructures énergétiques du Golfe.
La situation a été aggravée par la perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage clé pour environ 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié. Cette crise a provoqué un choc majeur sur les marchés énergétiques, avec une forte volatilité des prix du brut.
Positions divergentes et durcissement
Côté iranien, le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf a qualifié de « fausses » les informations faisant état de négociations directes. À Téhéran, plusieurs sources indiquent un durcissement de la position iranienne, notamment sous l’influence du Corps des gardiens de la révolution islamique.
À Washington, l’administration Trump maintient son objectif d’un accord global incluant des restrictions sur les programmes nucléaire et balistique iraniens. Mais selon plusieurs responsables, les exigences américaines pourraient difficilement être acceptées en l’état par Téhéran.
Du côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu suit de près les évolutions diplomatiques, tout en poursuivant les opérations militaires, notamment au Liban contre le Hezbollah.
Situation sécuritaire toujours instable
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent. Des missiles iraniens ont visé Tel Aviv, déclenchant des sirènes d’alerte et causant d’importants dégâts matériels. En riposte, l’armée israélienne a intensifié ses frappes sur Téhéran et d’autres cibles stratégiques.
Des pertes humaines ont également été signalées, notamment dans la ville iranienne de Tabriz, touchée par des bombardements meurtriers.
Malgré les signaux diplomatiques, aucun apaisement concret n’est encore visible. La proposition de médiation du Pakistan apparaît ainsi comme une tentative supplémentaire de désescalade dans une crise aux implications régionales et mondiales majeures.
