
Le Ghana et l’Union européenne ont signé mardi à Accra leur premier accord officiel de coopération en matière de défense, dans un contexte marqué par la montée des violences djihadistes dans la région.
Paraphé par Kaja Kallas et la vice-présidente ghanéenne Jane Naana Opoku-Agyemang, cet accord vise à renforcer la collaboration dans plusieurs domaines clés, notamment la lutte contre le terrorisme, le partage de renseignements et la gestion des crises.
Un rempart face à la menace sahélienne
Ce partenariat intervient alors que les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest cherchent à contenir la propagation de l’insécurité depuis le Sahel, en particulier depuis le Burkina Faso, le Mali et le Niger, où les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique multiplient les attaques.
« Ce partenariat nous permet de collaborer plus étroitement dans des domaines essentiels pour la sécurité de nos citoyens », a déclaré Kaja Kallas, soulignant le caractère inédit de cet accord entre l’UE et un pays africain.
Un appui concret en équipements et en financement
L’accord s’inscrit dans la continuité d’un programme européen lancé en 2023, doté de 50 millions d’euros, destiné à renforcer les capacités sécuritaires du Ghana. Celui-ci comprend notamment des systèmes de communication avancés, des embarcations pour la surveillance des frontières, ainsi que la fourniture prochaine de drones, de dispositifs anti-drones et de motos pour les forces armées.
Pour Osman Abdul-Razak, ce partenariat arrive à un moment critique : « Les menaces évoluent rapidement, ce qui exige une coopération renforcée et des capacités accrues de nos services de sécurité. »
Une région sous pression
Le Ghana partage une frontière avec le Burkina Faso, l’un des épicentres de la violence au Sahel. Selon les données récentes du rapport mondial sur le terrorisme, cette zone concentre une part importante des victimes liées aux attaques djihadistes.
Si le Ghana reste relativement épargné, les analystes estiment que cette stabilité tient en partie au fait que certains groupes armés utilisent son territoire comme zone de repli logistique plutôt que comme cible directe.
Les inquiétudes demeurent toutefois vives dans toute la région. Des attaques récentes au Bénin et au Nigeria ont ravivé les craintes d’une extension du conflit.
Au-delà de la réponse militaire, plusieurs observateurs soulignent que la lutte contre l’insécurité passe aussi par des solutions politiques et économiques durables, notamment dans les zones rurales marginalisées, où les tensions sociales et économiques peuvent alimenter l’instabilité.
Avec cet accord, le Ghana et l’Union européenne affichent leur volonté de conjuguer leurs efforts pour contenir une menace devenue régionale, voire internationale.
