
Le différend opposant le Sénégal à la Confédération africaine de football (CAF) et au Maroc franchit un nouveau cap. À Paris, les avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF) ont présenté une stratégie de défense offensive, dénonçant de graves irrégularités dans la procédure ayant conduit à la décision contestée.
Le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a qualifié la situation de « braquage administratif », affirmant que la décision dénaturait les principes fondamentaux de justice sportive et portait atteinte à la souveraineté et à l’intégrité des compétitions africaines.
Au cœur de la contestation figurent les conditions de l’audience en appel : une visioconférence jugée expéditive, sans véritable contradictoire ni clôture formelle, que la défense considère comme juridiquement fragile. Les avocats sénégalais critiquent également une violation des règles encadrant les compétitions internationales, avertissant que la jurisprudence pourrait favoriser des décisions administratives au détriment du terrain.
Si la CAF a entériné la victoire sur tapis vert du Maroc, deux demandes majeures — le retrait du titre au Sénégal et la restitution des récompenses — ont été rejetées, un point stratégique pour la FSF qui insiste sur l’absence d’injonction officielle concernant les médailles ou le trophée. Le retard dans la transmission de la décision motivée, neuf jours après l’annonce, demeure un autre sujet de crispation.
L’affaire pourrait désormais s’étendre au domaine pénal : la FSF envisage de déposer une plainte pour corruption visant plusieurs individus et d’ouvrir une enquête internationale. Le dossier est désormais entre les mains du Tribunal arbitral du sport (TAS), où la procédure classique dure neuf à douze mois, mais une procédure accélérée pourrait permettre un verdict sous deux mois si toutes les parties s’accordent.
