
La tension demeure vive en Syrie, où les combats se poursuivent entre l’armée syrienne et les forces kurdes, dans un contexte sécuritaire de plus en plus instable. Face à la dégradation de la situation, les États-Unis ont entamé le transfert d’environ 7 000 prisonniers affiliés à l’organisation terroriste État islamique vers des sites jugés plus sûrs en Irak. Un premier convoi de 150 détenus a déjà été déplacé, parmi lesquels figurent plusieurs ressortissants européens.
Dans le nord de la Syrie, les forces kurdes, qui assuraient jusqu’ici la garde de nombreuses prisons, se retirent progressivement et cèdent le contrôle de ces centres de détention à l’armée syrienne. Soutenue par Washington, cette dernière a déjà procédé au transfert de détenus djihadistes vers le territoire irakien.
Parmi les prisonniers concernés figurent des cadres de haut rang de l’État islamique, dont 85 Irakiens et 65 étrangers. Le Premier ministre irakien, Mohamed Chia Al-Sudani, a appelé les pays d’origine, en particulier les États membres de l’Union européenne, à assumer leurs responsabilités. Il a exhorté ces États à rapatrier leurs ressortissants afin de les traduire en justice.
En Belgique, 12 djihadistes sont toujours détenus en Syrie. À rebours des demandes formulées par Bagdad, le gouvernement belge privilégie le retrait de la nationalité plutôt que le rapatriement. « L’accord de gouvernement prévoit, dans l’intérêt de notre sécurité nationale, que les combattants terroristes ne puissent pas retourner dans notre pays », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot.
La question des prisons du nord syrien s’inscrit dans un contexte plus large. Il y a plus de dix ans, la minorité kurde avait instauré une zone autonome dans cette région, où sont aujourd’hui détenus des milliers de combattants de l’État islamique. Depuis l’offensive de l’armée syrienne, appuyée par les États-Unis, plusieurs évasions ont été signalées, notamment dans la prison de Shaddadi, où des détenus ont abandonné leurs effets personnels avant de prendre la fuite.
Face à ce risque sécuritaire accru, l’Irak a renforcé le contrôle de sa frontière orientale. « Nous avons mis en place des embuscades, et nos officiers dirigent personnellement les opérations. Le moral de nos troupes est au plus haut », a assuré Hadi Mshtwi, commandant du troisième régiment.
Selon les estimations, près de 20 000 membres de l’État islamique sont actuellement détenus en Syrie. Pendant ce temps, les forces kurdes poursuivent leur retrait progressif, laissant le champ libre à l’armée syrienne, déterminée à reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire national.
