Décès d’Halima Gadji : le cinéma africain perd une actrice au talent sensible et engagé


Décès d’Halima Gadji : le cinéma africain perd une actrice au talent sensible et engagé

Le monde du cinéma et de la télévision africains est en deuil. L’actrice, mannequin et animatrice sénégalaise Halima Gadji est décédée le 26 janvier 2026. Née à Dakar en 1989, elle laisse derrière elle une carrière marquante et une empreinte humaine profonde, portée par la sincérité, le courage et l’engagement.

Issue d’un métissage culturel — d’une mère maroco-algérienne et d’un père sénégalais — Halima Gadji a grandi au Sénégal, nourrie de plusieurs cultures et identités. Cette richesse l’a façonnée et a profondément influencé son regard artistique. Elle revendiquait une identité plurielle, vécue non comme une contradiction, mais comme une force et une mémoire vivante.

Très tôt attirée par l’expression artistique, elle quitte le système scolaire dès la classe de 5ᵉ pour suivre son rêve de devenir actrice. Elle débute sa carrière dans le mannequinat, avant de se tourner vers la publicité puis l’animation télévisée, où elle se distingue par sa proximité avec le public et son énergie communicative.

Halima Gadji fait ses premiers pas dans la fiction en 2015 avec la série Tundu Wundu, réalisée par Abdoulahad Wone. Elle se révèle ensuite au grand public grâce à son rôle d’Aïcha dans Seuy Bi 2.0 (2017–2019), série populaire qui assoit sa notoriété.

Entre 2018 et 2020, elle incarne Awa dans Sakho & Mangane, série policière diffusée sur Canal+ Afrique et Netflix, sous la direction de Jean-Luc Herbulot. Ce rôle marque un tournant, confirmant sa capacité à évoluer dans des registres plus exigeants et internationaux.

Mais c’est avec la série à succès Maîtresse d’un homme marié (2019–2021) qu’Halima Gadji devient une figure incontournable. Son interprétation de Marème Dial, personnage central, complexe et controversé, a profondément marqué le public. Refusant toute facilité, l’actrice a choisi de rendre son personnage authentique, au plus près des réalités humaines.

Elle poursuit ensuite sa carrière avec la série panafricaine Le futur est à nous (2022), tournée entre la Côte d’Ivoire et le Gabon, ainsi que dans Bété Bété (saisons 2 et 3) et Bakary Taximan, confirmant son ancrage durable dans l’imaginaire audiovisuel sénégalais.

Au-delà de sa carrière artistique, Halima Gadji était une femme engagée. En 2023, elle est choisie comme marraine du Festival international de cinéma Vues d’Afrique à Montréal, une reconnaissance de son parcours et de son influence dans le cinéma africain contemporain.

Elle s’est également illustrée par son engagement en faveur de la santé mentale, un sujet encore largement tabou. À travers plusieurs prises de parole publiques, elle avait évoqué avec courage ses propres fragilités, appelant à une meilleure prise en charge de la souffrance psychologique et à une libération de la parole, notamment dans les milieux artistiques.

Jusqu’à ses derniers jours, Halima Gadji continuait de partager ses projets, de soutenir les jeunes talents et de porter un message d’espoir et d’humanité.

Par sa disparition, le Sénégal et l’Afrique perdent une artiste sincère, une voix sensible et une femme qui a osé être vraie. Halima Gadji laisse un héritage artistique fort et une leçon de courage : celle de la vérité, même dans la vulnérabilité.

Que son âme repose en paix.


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