Belgique: Crédit hypothécaire : comment réduire sa mensualité malgré la flambée des taux


Crédit hypothécaire : comment réduire sa mensualité malgré la flambée des taux

Face à des taux immobiliers à leur plus haut niveau depuis plus de dix ans, emprunter pour acheter un logement coûte aujourd’hui nettement plus cher. Une situation qui pèse sur le pouvoir d’achat immobilier des ménages. Pourtant, plusieurs leviers permettent encore d’alléger la facture, explique Caroline Sury, journaliste à L’Écho.

Selon elle, le taux moyen d’un crédit hypothécaire à taux fixe sur 25 ans s’établit actuellement à 3,89 %, bien loin des niveaux historiquement bas observés en 2021, où il était possible d’emprunter à près de 1 %. Il faut remonter à mars 2014 pour retrouver des taux comparables à ceux d’aujourd’hui.

Concrètement, cette hausse a un impact direct sur les mensualités. Pour un emprunt de 300.000 euros sur 25 ans à 3,89 %, la mensualité atteint environ 1.550 euros, contre 1.420 euros pour le même crédit contracté il y a un an à 3,14 %. Soit un surcoût de plus de 100 euros par mois. Sur l’ensemble de la durée du prêt, la différence représente environ 35.000 euros supplémentaires, confirmant une nette érosion du pouvoir d’achat immobilier.

Les perspectives ne sont guère rassurantes à court terme. Selon les économistes de KBC et ING, la tendance des taux reste orientée à la hausse. Un retournement ne serait envisageable qu’en cas de récession en Europe, un scénario qui n’est pas envisagé pour l’instant.

Dans ce contexte, la négociation reste le principal levier pour les candidats à l’achat. Caroline Sury recommande de faire jouer la concurrence entre établissements bancaires. Comparer les offres, même si cela demande du temps, peut s’avérer très rentable : un gain minime sur le taux se traduit par des économies de plusieurs milliers d’euros sur la durée totale du crédit. Revenir vers sa banque initiale avec une offre concurrente permet souvent d’obtenir un effort supplémentaire.

Un apport personnel plus élevé constitue également un atout majeur. Plus l’emprunteur engage de fonds propres, plus son profil est jugé sûr par la banque, ce qui peut entraîner une baisse du taux proposé. Autre option : réduire la durée du prêt. Passer de 25 à 20 ans permet généralement d’obtenir un taux plus avantageux, autour de 3,67 %, et de réaliser jusqu’à 45.000 euros d’économies d’intérêts sur la durée totale du crédit, malgré des mensualités plus élevées.

Certaines formules alternatives peuvent aussi atténuer l’impact de la hausse des taux. Le taux variable, initialement plus bas, comporte toutefois le risque d’une augmentation future des mensualités. Des produits hybrides émergent, comme le taux variable protégé, qui permet de bénéficier d’une éventuelle baisse des taux tout en garantissant que le taux ne dépassera jamais celui signé au départ, même si le taux initial est légèrement supérieur à un taux fixe classique.

Enfin, le remboursement progressif constitue une autre piste. Cette formule prévoit une augmentation graduelle des mensualités, par exemple de 2 % par an, en phase avec l’évolution des salaires et de l’inflation. Elle permet de réduire le coût global du crédit tout en offrant une certaine souplesse au départ.

Autant de mécanismes techniques qui, bien utilisés, peuvent permettre aux emprunteurs de limiter l’impact des taux élevés et de préserver leur projet immobilier.


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