Nucléaire en Belgique : le ministre de l’Énergie défend l’action du gouvernement face aux critiques de l’opposition

Nucléaire en Belgique : le ministre de l’Énergie défend l’action du gouvernement face aux critiques de l’opposition

Interpellé mardi à la Chambre sur l’avenir du nucléaire en Belgique, le ministre fédéral de l’Énergie, Mathieu Bihet, a réfuté toute accusation d’inaction et assuré que le gouvernement travaillait activement à la relance de la filière nucléaire.

« Depuis mon entrée en fonction, je suis actif à trouver des solutions », a déclaré le ministre en commission parlementaire. Il a indiqué que des échanges étaient en cours avec les exploitants et propriétaires des centrales nucléaires et qu’ils s’intensifiaient. Selon lui, des discussions sont également engagées avec différents acteurs, dont des investisseurs intéressés par la prolongation, sous conditions de sûreté, de certains réacteurs existants, notamment Tihange 1, mais aussi par la construction de nouvelles centrales nucléaires.

Sous la précédente législature, le gouvernement De Croo avait conclu, au terme de longues négociations, un accord avec Engie pour prolonger de dix ans les réacteurs Doel 4 et Tihange 3. L’actuel exécutif est désormais chargé de mettre en œuvre cette convention particulièrement complexe. Une tâche « considérable », a reconnu Mathieu Bihet, qui implique notamment la création d’une joint-venture entre Engie et l’État belge, la coordination de nombreux acteurs et la réorganisation d’une administration jugée défaillante.

Sur le contenu précis des discussions en cours, le ministre est toutefois resté discret. Il n’a pas précisé si des négociations portaient sur la prolongation de réacteurs dont le démantèlement a déjà commencé, ni quels acteurs étaient impliqués, tels qu’Engie ou EDF. En coulisses, il est indiqué que les discussions autour de Doel 3 et Tihange 4 conditionnent la suite du dossier. Le ministre a néanmoins confirmé que des décisions stratégiques sur le redéveloppement du nucléaire seraient prises au cours de la première moitié de la législature.

Cette prudence n’a pas convaincu l’opposition. François De Smet (DéFI) a dénoncé l’absence de vision claire, affirmant que « l’Arizona n’est nulle part ». De son côté, Eric Thiébaut (PS) a fustigé le manque de résultats concrets, mettant en garde contre le risque de black-out. Steven Coenengrachts (Anders) a, quant à lui, souligné l’absence du Premier ministre Bart De Wever dans ce dossier, rappelant le rôle central joué par Alexander De Croo lors de la précédente prolongation de réacteurs.

Même au sein de la majorité, des voix appellent à une stratégie de long terme. Le CD&V, par la voix de Phaedra Van Keymolen, a exhorté le gouvernement à clarifier sa vision et à assumer pleinement ses ambitions pour l’avenir du nucléaire en Belgique.


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