« L’Europe reste vulnérable » : Bart De Wever alerte sur l’incapacité du continent à défendre sa souveraineté

« L’Europe reste vulnérable » : Bart De Wever alerte sur l’incapacité du continent à défendre sa souveraineté

Lors de la cérémonie des vœux aux autorités du pays, organisée mercredi au Palais royal, le Premier ministre belge Bart De Wever a tenu un discours particulièrement ferme sur la situation géopolitique internationale. Face aux tensions croissantes dans le monde, il a dressé un constat sans concession : « L’Europe n’est pas en mesure de défendre efficacement sa propre souveraineté ».

Selon le chef du gouvernement, cette faiblesse stratégique a néanmoins provoqué une prise de conscience au sein du continent. « Ce constat a réveillé toute l’Europe, qui s’emploie désormais à bâtir une industrie de défense pleinement opérationnelle et efficace », a-t-il déclaré devant le roi Philippe. Il a toutefois tempéré cet élan en rappelant que ce chantier prendra du temps. « L’honnêteté nous oblige à ajouter que cela prendra encore des années. D’ici là, nous demeurons vulnérables », a-t-il prévenu.

Une vulnérabilité que Bart De Wever estime aujourd’hui exploitée par « notre plus grand allié », en référence aux États-Unis. Comme il l’avait déjà fait après le Forum économique mondial de Davos, le Premier ministre a appelé à faire preuve de fermeté face à Washington, malgré les dépendances européennes.

Groenland : une ligne rouge pour l’Europe

Bart De Wever a notamment dénoncé les déclarations du président américain Donald Trump sur le Groenland, territoire autonome du Danemark. « L’idée présomptueuse selon laquelle le droit à l’autodétermination du peuple groenlandais (…) devrait être écarté par un coup de force est totalement contraire à ce que nous sommes », a-t-il affirmé. « Entre amis, il faut être direct », a-t-il ajouté, qualifiant l’attitude américaine de « manque de respect ».

Pour le Premier ministre belge, il est inconcevable que l’intégrité territoriale et le droit à l’autodétermination d’un allié européen soient remis en cause, même lorsque la pression émane d’un autre allié. « Nous ne pourrons jamais tolérer cela », a-t-il martelé.

Défendre la liberté sans céder à la panique

Évoquant les défis actuels, Bart De Wever a rappelé que « la liberté ne va pas de soi » et qu’elle doit être défendue activement. Citant Hannibal — Aut viam inveniam aut faciam (« Je trouverai un chemin ou j’en créerai un ») — il a appelé l’Europe à faire preuve de détermination face à l’adversité.

Toutefois, le chef du gouvernement a mis en garde contre les réactions excessives. Devant les députés réunis en commission sur les questions européennes, il a estimé qu’annoncer la mort du transatlantisme ou de l’Otan serait « pas très intelligent ». Selon lui, céder à l’émotion pourrait servir les intérêts de ceux qui souhaitent une rupture entre l’Europe et les États-Unis.

« Celui qui vous provoque a un agenda », a-t-il averti, appelant les responsables européens à « garder leur sang-froid » et à éviter toute « aventure » précipitée. Pour Bart De Wever, l’enjeu consiste à renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe sans rompre les équilibres qui fondent encore la sécurité du continent.

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