
Pacifique : une frappe américaine contre un navire de trafiquants présumés fait deux morts
Les États-Unis ont mené, jeudi 5 février, une nouvelle frappe navale dans l’océan Pacifique contre un bateau soupçonné d’être impliqué dans le trafic de drogue. L’attaque, annoncée par le commandement militaire américain pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Southcom), a fait deux morts, selon l’armée américaine.
Cette opération s’inscrit dans une campagne militaire lancée il y a six mois par Washington contre des embarcations de trafiquants présumés. Depuis septembre, au moins 128 personnes ont été tuées et 37 bateaux détruits, d’après les chiffres communiqués par le Southcom. Il s’agit de la deuxième frappe connue depuis le début de l’année, après une précédente attaque survenue le 23 janvier, également dans le Pacifique.
Sous l’administration du président Donald Trump, les forces américaines ont mené plus de 30 frappes de ce type. Toutefois, les autorités américaines n’ont jamais rendu publiques de preuves établissant que les navires ciblés participaient effectivement à des activités de narcotrafic.
La légalité de cette campagne suscite de vives critiques aux États-Unis et au sein de la communauté internationale. Des experts ainsi que des responsables des Nations unies ont dénoncé des exécutions extrajudiciaires, estimant que ces opérations violent le droit international.
C’est également au nom de la lutte contre les cartels de la drogue que les forces américaines ont procédé, le 3 janvier, à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse. Accusés de « narcoterrorisme » et d’importation de « tonnes de cocaïne », ils ont été transférés aux États-Unis et incarcérés. Le couple a plaidé non coupable devant un tribunal de New York et doit comparaître à nouveau le 17 mars.
La question de la lutte antidrogue a également été abordée lors de la première rencontre, mardi à la Maison Blanche, entre le président colombien Gustavo Petro et son homologue américain, après plusieurs semaines de tensions diplomatiques. Les deux dirigeants ont convenu de prioriser des actions militaires ciblant trois chefs d’organisations criminelles, dont Chiquito Malo, à la tête du puissant clan du Golfe, selon le ministre colombien de la défense, Pedro Sanchez.
Ce dernier a par ailleurs indiqué que la Colombie et les États-Unis entendaient inviter le Venezuela à rejoindre cette nouvelle offensive. En réaction, le clan du Golfe a annoncé mercredi la suspension des négociations de paix qu’il menait au Qatar avec le gouvernement colombien.
