Rwanda : Paul Kagame défie les pressions internationales sur le dossier congolais


Rwanda : Paul Kagame défie les pressions internationales sur le dossier congolais

Au Rwanda, le président Paul Kagame a affiché sa fermeté face aux pressions internationales, lors de l’ouverture du dialogue national annuel, jeudi à Kigali. Le chef de l’État a semblé répondre directement aux États-Unis, qui menacent d’imposer des sanctions pour contraindre Kigali à mettre fin à son soutien présumé aux rebelles de l’AFC/M23 et à retirer ses troupes du territoire de la République démocratique du Congo (RDC).

Devant les participants, Paul Kagame a rejeté toute tentative de contrainte extérieure, dénonçant une pression constante de la communauté internationale. « On nous adresse chaque jour d’innombrables menaces : nous ferons ceci si vous ne faites pas cela. À force, ce type de pression devient étouffant », a-t-il déclaré, affirmant préférer « résister » plutôt que de céder à ce qu’il qualifie de diktats.

Le président rwandais maintient que l’implication de son pays dans l’est de la RDC répond à un impératif sécuritaire. Selon lui, Kigali cherche avant tout à se protéger contre une milice hostile qu’il décrit comme composée de responsables du génocide de 1994, une version contestée par les autorités congolaises. Paul Kagame estime par ailleurs que la pression internationale devrait s’exercer en priorité sur Kinshasa, accusant le président congolais Félix Tshisekedi de ne pas agir suffisamment pour résoudre le conflit. « En agissant ainsi, ils encouragent en réalité cette personne à ne pas chercher de solution à ses propres problèmes », a-t-il lancé.

Le chef de l’État rwandais a également rejeté les accusations selon lesquelles Kigali tirerait profit des ressources minières congolaises. « Si le Rwanda était en RDC pour les minerais, le pays serait cent fois plus riche », a-t-il affirmé.

Malgré ces dénégations, la pression diplomatique s’intensifie. Le 22 janvier, une sous-commission de la Chambre des représentants des États-Unis chargée des affaires étrangères a apporté un soutien bipartisan à l’adoption de nouvelles sanctions visant le Rwanda, en lien avec la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.


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