
Bart De Wever cite Singapour en modèle et appelle à un nouveau “siècle d’or” pour l’Europe
Dans un essai publié ce samedi, le Premier ministre Bart De Wever présente Singapour comme une source d’inspiration majeure pour redresser la Belgique et, au-delà, l’Europe. Intitulé Over welvaart (« Sur la prospérité »), l’ouvrage retrace les fondements historiques de la richesse dans le monde occidental et expose la vision du chef du gouvernement pour restaurer la compétitivité économique.
L’ancien président de la N-VA y réaffirme sa volonté de renouer avec ce qu’il qualifie de « siècle d’or » des Plats Pays. Face à l’urgence budgétaire, il fait de l’assainissement des finances publiques la priorité centrale de la législature en cours et de celles à venir, estimant qu’un décrochage économique menace en l’absence de réformes structurelles.
Plutôt que de se référer à l’Europe ou aux États-Unis, Bart De Wever se tourne vers l’Asie et plus précisément vers Singapour, l’un des « dragons » de l’économie asiatique. Il salue l’action de Lee Kuan Yew, figure historique du pays, qui a transformé en quelques décennies une île-État en l’un des pays les plus prospères au monde, dans un système politique mêlant démocratie et autoritarisme. Le Premier ministre met en avant la culture de l’ordre et du respect instaurée à Singapour, ainsi que la lutte contre la corruption, la drogue et le communisme.
Quatre principes appliqués par Singapour retiennent particulièrement son attention : l’équilibre budgétaire, une prospérité équitable, une fiscalité modérée et des investissements soutenus dans l’innovation. Des orientations qui, selon lui, résonnent avec les priorités de la coalition Arizona au pouvoir.
Dans son essai, Bart De Wever dresse également un constat préoccupant de la situation belge et européenne, évoquant le vieillissement de la population, la baisse de la productivité, l’augmentation des dépenses sociales et la progression du nombre de personnes en incapacité de travail de longue durée. Il appelle à une réforme de l’État-providence visant à éliminer les abus afin de préserver les fondements de la prospérité.
Le Premier ministre renouvelle par ailleurs ses critiques à l’égard des politiques de gauche, ciblant notamment le Parti socialiste. Il n’exclut pas un retour en force des socialistes francophones lors de prochaines échéances électorales, ce qui, selon lui, relancerait une logique de dépenses excessives et raviverait le débat institutionnel, avec un risque de paralysie comparable à celle observée à Bruxelles.
Pour mener à bien son ambition, Bart De Wever se place dans la lignée de plusieurs anciens Premiers ministres chrétiens-démocrates, dont Gaston Eyskens, Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene. En conclusion, il élargit toutefois son propos au-delà de la Belgique, évoquant l’âge d’or du XVIIᵉ siècle des Plats Pays, englobant l’actuel Benelux.
« Faisons naître un nouveau siècle d’or afin que cette région redevienne un phare de progrès et puisse orienter l’histoire du monde », écrit-il, concluant par un appel à la prospérité « pour la Flandre, pour la Wallonie, pour l’Europe ». L’essai Over welvaart est publié aux éditions Borgerhoff & Lamberigts.
