
SCAF : Theo Francken réagit aux propos de Friedrich Merz et annonce une réévaluation belge
La Belgique va « redéfinir sa position » concernant le programme d’avion de combat du futur SCAF. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Défense, Theo Francken, à la suite de prises de position du chancelier allemand Friedrich Merz.
« Le SCAF est mort, selon le chancelier allemand. (…) Il n’y aura pas de chasseur franco-allemand de sixième génération. La Belgique était observatrice dans le programme. Nous allons redéfinir notre position », a affirmé M. Francken.
Berlin remet le projet en question
Dans un entretien accordé au podcast allemand Machtwechsel, Friedrich Merz a estimé que l’Allemagne n’avait pas les mêmes besoins que la France en matière d’aviation de combat.
Le programme Système de combat aérien du futur (SCAF), mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne, vise à développer un avion de combat de nouvelle génération.
Or, selon le chancelier, Paris souhaite un appareil capable d’emporter l’arme nucléaire et d’opérer depuis un porte-avions — des capacités qui ne correspondent pas aux priorités actuelles de la Bundeswehr.
« Avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour deux profils d’exigences différents, ou seulement un seul ? », s’est-il interrogé, soulignant que la France privilégierait un modèle unique répondant à ses propres besoins. À défaut d’accord sur cette question, Berlin pourrait se retirer du projet, tout en évoquant l’existence d’autres partenaires européens potentiels.
La Belgique en position d’observatrice
Sous la précédente législature, la Belgique avait rejoint le programme comme observatrice, avec un investissement prévu de 60 millions d’euros en recherche et développement.
La Vision stratégique pour la Défense du gouvernement dirigé par Bart De Wever envisageait toutefois une participation « à part entière », sous réserve d’un retour industriel suffisant pour les entreprises belges.
Des tensions persistantes
Les difficultés du SCAF ne concernent pas uniquement les divergences franco-allemandes. L’avionneur français Dassault Aviation, acteur clé du projet, a déjà exprimé des réserves quant à l’implication belge.
En 2018, Bruxelles avait choisi le F-35 américain pour remplacer ses F-16, une décision qui continue d’alimenter les crispations. Le PDG de Dassault, Éric Trappier, avait d’ailleurs indiqué que la Belgique serait la bienvenue dans le programme à condition de renoncer à l’acquisition d’appareils supplémentaires américains.
Vers un programme européen unique ?
Theo Francken, tout comme le Premier ministre, a déjà plaidé en faveur d’un programme européen unique pour le futur avion de combat. En parallèle du SCAF, un autre projet existe : le programme Tempest, piloté par le Royaume-Uni et l’Italie.
Dans ce contexte incertain, la position belge pourrait évoluer rapidement, au gré des décisions prises à Berlin et à Paris.
