Candidature de Macky Sall à l’ONU : une ambition freinée par la rotation régionale et la poussée en faveur d’une femme

Candidature de Macky Sall à l’ONU : une ambition freinée par la rotation régionale et la poussée en faveur d’une femme

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, nourrirait l’ambition de briguer le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Une perspective qui suscite déjà des réserves, y compris au sein de certains cercles gouvernementaux sénégalais, où son bilan est critiqué, notamment pour la gestion des manifestations durant son mandat et la polémique autour d’une supposée dette cachée.

Mais au-delà des débats internes, deux obstacles institutionnels majeurs se dressent sur sa route.

Une rotation géographique défavorable à l’Afrique

Comme le souligne Jeune Afrique, la désignation du secrétaire général de l’ONU obéit à une pratique non écrite de rotation géographique. Bien qu’aucun texte officiel ne l’impose, cette coutume vise à garantir une représentation équilibrée des grandes régions du monde.

Dans cette logique, l’Amérique du Sud apparaît aujourd’hui en position favorable. La région n’a plus occupé le poste depuis le mandat du Péruvien Javier Pérez de Cuéllar (1982-1991). À l’inverse, l’Afrique a déjà compté deux secrétaires généraux, dont le Ghanéen Kofi Annan, en fonction de 1997 à 2006.

Cette dynamique régionale pourrait ainsi jouer en défaveur d’une nouvelle candidature africaine, quelle qu’elle soit.

Une pression croissante pour une femme à la tête de l’ONU

Autre élément déterminant : la volonté affichée, au sein des instances onusiennes et de la société civile internationale, de voir une femme accéder pour la première fois au poste de secrétaire général. Depuis la création de l’ONU en 1945, aucune femme n’a encore dirigé l’organisation.

Une campagne baptisée « Madame SG » a été lancée par GWL Voices, un réseau composé notamment d’anciennes diplomates et responsables internationales, pour promouvoir activement une candidature féminine.

Le Sommet de l’avenir, tenu à New York en septembre 2024, a également plaidé en ce sens. Dans son document préparatoire, il est explicitement souligné qu’« il est grand temps » de corriger l’absence historique de femmes à la tête de l’organisation lors des prochains processus de sélection.

Dans ce contexte, la possible candidature de Macky Sall s’inscrirait dans une compétition où les équilibres géopolitiques et les attentes en matière de parité pourraient peser bien plus lourd que les seules ambitions individuelles.

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