Tabaski 2026 : l’État et les acteurs de l’élevage anticipent l’approvisionnement du marché

Tabaski 2026 : l’État et les acteurs de l’élevage anticipent l’approvisionnement du marché

Les autorités sénégalaises ont lancé les préparatifs de la Tabaski 2026 en réunissant l’ensemble des acteurs de la filière élevage lors d’un atelier national tenu jeudi à la sphère ministérielle de Diamniadio. La rencontre, présidée par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a rassemblé près de 300 participants venus des institutions publiques, des organisations d’éleveurs, des transporteurs, des opérateurs de moutons, des collectivités territoriales ainsi que des partenaires techniques et financiers.

L’élevage au cœur de la souveraineté alimentaire

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président de la République, qui a récemment souligné en Conseil des ministres l’importance stratégique du secteur de l’élevage dans la politique de souveraineté alimentaire du Sénégal. Les autorités ambitionnent notamment de moderniser la filière, de promouvoir l’autosuffisance en viande et de renforcer les coopératives agricoles communautaires.

Dans cette perspective, le Chef de l’État a également évoqué la création d’un Fonds national de développement de l’élevage destiné à soutenir durablement le financement des filières animales.

Tabaski 2025 : un bilan globalement satisfaisant

Les participants ont dressé un bilan jugé positif de la Tabaski 2025. L’objectif d’approvisionnement fixé à 830 000 moutons a été dépassé grâce à la mobilisation des services de l’État, des éleveurs, des collectivités territoriales et des partenaires sous-régionaux.

Le ministre Mabouba Diagne a salué l’engagement des opérateurs nationaux ainsi que la contribution des pays voisins, notamment la Mauritanie et le Mali, dont l’apport a permis de compléter l’offre nationale et de stabiliser le marché.

860 000 moutons attendus pour la Tabaski 2026

Pour la Tabaski 2026, les besoins nationaux sont estimés à 860 000 moutons, dont environ 260 000 pour la région de Dakar. Chaque année, le Sénégal consomme près de deux millions de moutons, dont une part importante destinée à l’autoconsommation.

La filière Tabaski représente un marché annuel de plus de 300 milliards de francs CFA, dont plus de 142 milliards générés par la commercialisation sur les marchés de bétail.

Les préoccupations des professionnels

Au cours des échanges, plusieurs acteurs ont évoqué certaines difficultés, notamment le coût des points de vente, l’accès à l’eau dans certaines zones pastorales et les problèmes d’aménagement de marchés à bétail, notamment à Dakar et à Thiès.

Les transporteurs, représentés par Gora Khouma, ont également demandé la suppression du système de « macarons » au profit d’une simple circulaire administrative afin de faciliter la circulation du bétail durant la période de la Tabaski. Ils ont par ailleurs alerté sur la hausse des coûts de transport à l’approche de la fête.

Renforcer durablement la filière

Plusieurs recommandations ont été formulées pour consolider la filière. Les acteurs ont notamment plaidé pour le renforcement de la production locale, l’interdiction de l’abattage des brebis afin de préserver le potentiel reproductif du cheptel, le développement de fermes fourragères et l’amélioration de l’accès à l’eau dans les zones pastorales.

Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de financement, notamment à travers le Fonds de stabilisation de la filière bétail, dont les ressources restent encore limitées.

Une nouvelle stratégie contre le vol de bétail

L’atelier a aussi permis de présenter une nouvelle stratégie de lutte contre le vol de bétail. Un consortium regroupant plusieurs entreprises sénégalaises, en partenariat avec la CNAAS et le ministère de l’Agriculture, travaille à la mise en place de solutions technologiques et organisationnelles pour sécuriser le cheptel.

Une mobilisation collective pour la Tabaski

Clôturant les travaux, le ministre Mabouba Diagne a salué l’engagement constant des éleveurs et de l’ensemble des acteurs du secteur, rappelant que leur mobilisation permet chaque année d’assurer l’approvisionnement du marché et de garantir aux Sénégalais des moutons répondant aux exigences religieuses et sanitaires de la Tabaski.

Selon lui, cette concertation illustre l’importance d’une mobilisation collective et d’une vision stratégique pour renforcer durablement la filière élevage et contribuer à la souveraineté alimentaire du Sénégal.

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