
États-Unis : le chef du contre-terrorisme démissionne en dénonçant la guerre contre l’Iran
Un haut responsable américain de la lutte contre le terrorisme a quitté ses fonctions mardi pour protester contre la guerre menée contre l’Iran, estimant que Iran ne représentait pas une menace imminente pour les États-Unis.
Dans une lettre adressée au président Donald Trump, Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), affirme ne pas pouvoir « en toute conscience soutenir la guerre en cours ».
Ancien membre des forces spéciales des Bérets verts, il soutient que le conflit aurait été engagé sous l’influence d’Israël et de ses relais aux États-Unis. « L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation », écrit-il, dénonçant une guerre qui, selon lui, ne sert pas les intérêts du peuple américain.
La réaction du président ne s’est pas fait attendre. Depuis le Bureau ovale, Donald Trump a qualifié Joseph Kent de responsable « très faible en matière de sécurité », estimant que sa démission était « une bonne chose ».
Âgé de 45 ans, Joseph Kent devient ainsi le premier haut responsable à quitter l’administration pour marquer son opposition à ce conflit. Dans sa lettre, il évoque également son parcours personnel, rappelant avoir été déployé à onze reprises et avoir perdu son épouse, Shannon, tuée lors d’un attentat suicide en Syrie en 2019.
« Je ne peux pas soutenir l’envoi d’une nouvelle génération se battre et mourir dans une guerre qui ne présente aucun bénéfice pour le peuple américain », insiste-t-il.
À la tête du NCTC, basé en Virginie, il travaillait sous l’autorité de Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national, avec pour mission de coordonner la réponse américaine face aux menaces terroristes.
Dans sa lettre publiée sur la plateforme X, Joseph Kent accuse par ailleurs certains responsables israéliens et acteurs médiatiques américains d’avoir alimenté une « campagne de désinformation » visant à convaincre l’exécutif américain de l’imminence d’une menace iranienne.
Il compare enfin cette situation à celle ayant conduit à la guerre en Irak, qu’il qualifie de « désastreuse », estimant que des arguments similaires auraient été utilisés pour justifier l’intervention.
Avant de diriger le NCTC, Joseph Kent a également servi comme officier paramilitaire au sein de la Central Intelligence Agency (CIA) et s’est présenté à deux reprises, sans succès, aux élections législatives dans l’État de Washington.
