Conflit Iran–Israël : Téhéran bombardée en pleine fête de Nowruz, les tensions s’intensifient

Téhéran a été frappée vendredi par une nouvelle vague de bombardements israéliens, réduisant à néant les espoirs de trêve, alors que le pays célébrait Nowruz et que le monde musulman marquait la fin du Ramadan avec Aïd el-Fitr.

L’armée israélienne a également étendu ses frappes vers le nord de l’Iran, notamment dans la région de la mer Caspienne, jusque-là relativement épargnée. Par ailleurs, selon l’agence Tasnim, seize cargos iraniens auraient été coulés dans les ports du Golfe à la suite d’attaques attribuées à une coalition américano-israélienne.

Sur le terrain, la population tente malgré tout de maintenir les traditions. Dans les marchés de la capitale, les habitants se pressaient pour les achats de fête, bien que la fréquentation reste en baisse, de nombreux Téhéranais ayant quitté la ville pour le nord du pays.

Une escalade aux conséquences mondiales

Alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine, l’Iran conserve le contrôle du stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.

Les tensions se sont encore accrues après une attaque iranienne contre le complexe gazier de Ras Laffan, au Qatar, causant d’importants dégâts. Selon les estimations, les pertes pourraient atteindre 20 milliards de dollars par an, avec des réparations s’étendant sur plusieurs années. Une situation susceptible d’entraîner une hausse durable des prix de l’énergie et des répercussions sur l’économie mondiale.

L’expert américain Robert Pape alerte sur le risque de transformation du conflit en crise économique globale, en cas de dommages prolongés aux infrastructures énergétiques.

Menaces d’escalade militaire

Sur le plan militaire, la situation reste extrêmement volatile. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a évoqué la possibilité d’une opération terrestre pour atteindre ses objectifs, sans en préciser les contours.

De son côté, le président américain Donald Trump a assuré ne pas envisager l’envoi de troupes, tout en restant évasif sur les options militaires.

Dans la nuit, l’Iran a riposté par des tirs de missiles en direction d’Israël, avec des explosions signalées au-dessus de Jérusalem. D’autres attaques ont été rapportées dans le Golfe, notamment aux Émirats arabes unis, tandis que l’Arabie saoudite a intercepté plusieurs drones.

Un conflit loin de s’apaiser

Malgré les déclarations optimistes de Benjamin Netanyahu, affirmant que « la guerre pourrait se terminer plus vite que prévu », les autorités iraniennes affichent leur détermination à poursuivre le conflit.

Le porte-parole des Gardiens de la révolution, Ali Mohammad Naini, a assuré que la production de missiles se poursuivait malgré les frappes. Il a toutefois été tué peu après dans une attaque aérienne, selon les médias iraniens.

Dans ce contexte de forte incertitude, la poursuite des hostilités fait craindre une extension régionale du conflit, avec des répercussions durables tant sur le plan sécuritaire qu’économique à l’échelle mondiale.

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