
Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a été confronté jeudi à de vives critiques des partis flamands à la Chambre, après un reportage de la VRT mettant en cause son plan de lutte contre les intrusions de drones et sa communication autour d’incidents survenus fin 2025.
Plusieurs survols présumés de drones au-dessus des bases militaires d’Elsenborn et de Kleine Brogel, ainsi qu’au-dessus de l’aéroport de Bruxelles-National, avaient entraîné la fermeture temporaire de ce dernier en novembre dernier. Ces intrusions, imputées à la Russie bien qu’aucune preuve formelle n’ait été apportée, ont mis en évidence les lacunes de la Belgique face à ce type de menace.
Le gouvernement avait alors décidé d’allouer 50 millions d’euros pour l’acquisition de matériel capable d’intercepter et de neutraliser les drones. Le reportage de la VRT a soulevé des questions sur la procédure de sélection, choisie en négociée plutôt qu’en marché public classique, ainsi que sur le lien entre Francken et l’un des fournisseurs retenus, Senhive, dont le patron serait un ancien chercheur flamand connu du ministre.
Francken a fermement réfuté toute accusation de favoritisme ou de corruption : « Aucune loi n’a été contournée », a-t-il affirmé. Il a reconnu avoir fréquenté le patron de Senhive en janvier 2025, avant sa nomination, et précisé que le dossier avait été soumis à la commission des Achats militaires de la Chambre, où il a été approuvé à l’unanimité, sauf une abstention.
Le ministre a également admis que des photos transmises à la presse, présentées comme celles de drones, montraient en réalité un hélicoptère de police recherchant un drone. Il a souligné que ces informations étaient erronées et que le matériel acheté n’était pas plus coûteux que dans d’autres pays européens, contredisant certaines affirmations du reportage.
Francken défend ainsi son plan anti-drones comme une réponse nécessaire et légale face à une menace nouvelle, tout en rejetant les critiques sur sa communication et ses choix procéduraux.
