
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), a vivement réagi, mercredi, à la décision des États-Unis d’interdire l’accès à leur territoire à cinq personnalités européennes impliquées dans l’élaboration de la législation européenne sur les services numériques. Une mesure qu’il juge « inacceptable ».
Selon le chef de la diplomatie belge, cette législation, adoptée et soutenue par l’ensemble des États membres de l’Union européenne, ne constitue en aucun cas un acte hostile envers les États-Unis. « Elle vise avant tout à garantir que l’espace numérique respecte les mêmes exigences de sécurité, de dignité et de protection que la vie réelle », a-t-il souligné, exprimant au passage la « consternation de la Belgique » face à la décision américaine.
Maxime Prévot a également dénoncé le principe même de sanctions ciblant des individus en raison de différends économiques. « Sanctionner des personnes sur la base de contrariétés économiques vécues aux États-Unis n’est pas acceptable », a-t-il affirmé, réaffirmant le droit souverain de l’Union européenne à défendre ses valeurs et à protéger ses citoyens.
L’administration américaine a annoncé mardi l’interdiction de séjour aux États-Unis de cinq responsables européens, parmi lesquels figure l’ancien commissaire européen français Thierry Breton. Washington les accuse de pratiques de « censure » allant à l’encontre des intérêts américains, selon le département d’État.
Cette décision s’inscrit dans une offensive plus large menée par le président Donald Trump contre les réglementations européennes encadrant les grandes plateformes technologiques. Pour l’administration américaine, ces règles, qui imposent notamment le contrôle et le signalement de contenus problématiques, sont perçues comme une atteinte à la liberté d’expression, un argument vivement contesté par les responsables européens.
