
Drame de Crans-Montana : le propriétaire du bar placé en détention préventive lors d’une journée de deuil national
Alors que la Suisse observe ce vendredi une journée de deuil national en mémoire des victimes de l’incendie meurtrier survenu à Crans-Montana, la justice a franchi une étape importante dans l’enquête. Jacques Moretti, propriétaire du bar ravagé par les flammes dans la nuit du Nouvel An, a été placé en détention préventive à l’issue de son audition par le ministère public valaisan.
Le pays tout entier rend hommage aux 40 personnes décédées et aux 116 blessés de ce drame qui a profondément marqué la station alpine. Pendant ce temps, à Sion, capitale du canton du Valais, les époux Moretti, propriétaires de l’établissement « Le Constellation », étaient entendus par les autorités judiciaires afin de déterminer les responsabilités liées à la catastrophe.
Depuis l’incendie, de nombreuses questions entourent les conditions de sécurité du bar, notamment l’absence de contrôles depuis 2019. Ces éléments ont nourri une vive polémique, accentuée par le fait que les propriétaires n’avaient, dans un premier temps, pas fait l’objet de mesures privatives de liberté.
À l’issue de l’audition, le ministère public a estimé que le risque de fuite de Jacques Moretti était avéré. Une nouvelle évaluation approfondie de sa situation personnelle et professionnelle, en Suisse comme à l’étranger, a conduit les autorités à demander sa mise en détention provisoire. Le communiqué officiel précise que cette décision repose sur plusieurs éléments, dont son parcours judiciaire passé. Le gérant est en effet connu de la justice française et avait été condamné en 2008 dans une affaire de proxénétisme. Sa femme, Jessica Moretti, a quant à elle été laissée en liberté à ce stade de la procédure.
Très émue à sa sortie, la co-propriétaire du bar s’est brièvement exprimée devant la presse. En larmes, elle a adressé un message aux victimes et à leurs familles, évoquant une tragédie inimaginable. « Cela s’est produit dans notre établissement et je tiens à m’excuser », a-t-elle déclaré, affirmant que ses pensées allaient à ceux qui souffrent encore des conséquences du drame.
L’enquête se poursuit afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de l’incendie et d’établir les responsabilités pénales dans l’une des pires catastrophes qu’ait connues la Suisse ces dernières années.
