Présidentielle en Ouganda : entre crainte des violences et appels à la paix à l’approche du scrutin


Présidentielle en Ouganda : entre crainte des violences et appels à la paix à l’approche du scrutin

À quelques jours de l’élection présidentielle prévue le jeudi 15 janvier, l’Ouganda retient son souffle. Dans un climat politique tendu, une partie de la population redoute une nouvelle flambée de violences, alors que des arrestations et des actes de brutalité visant des membres de l’opposition ont déjà été signalés.

L’ONG Amnesty International dénonce une « campagne brutale de répression contre l’opposition », alimentant les inquiétudes à l’approche du scrutin. Face à cette situation, certains citoyens cherchent refuge dans la foi. Dans une église pentecôtiste de Kampala, les fidèles tentent de rester optimistes malgré la peur ambiante.

« Ce qui m’effraie dans cette élection, en tant que jeune femme, c’est que la dernière a été très violente. Beaucoup de gens ont perdu la vie, d’autres leurs biens. Cela nous a profondément marqués », témoigne Winnie Promise Nantume, membre de la congrégation Pentecostal Blessed Anointed Church International. Selon elle, c’est cette peur qui a poussé le pasteur à appeler les fidèles à la prière et au jeûne pour le pays.

Le pasteur principal, Joseph Wasswa, exhorte pour sa part les croyants à garder espoir et à placer leur confiance en Dieu, dans un pays où le christianisme est majoritaire. « Nous prions pour que les élections se déroulent dans le calme. La violence peut surgir sans raison apparente et ses conséquences sont toujours désastreuses. C’est pourquoi nous prions pour le pays, pour les forces de sécurité, la commission électorale, les électeurs et l’ensemble de la population », affirme-t-il.

Le scrutin opposera notamment le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, à son principal rival, Bobi Wine, leader de la Plateforme de l’unité nationale (NUP) et ancien chanteur devenu figure emblématique de l’opposition. Ce dernier, comme d’autres opposants, accuse régulièrement le pouvoir de malversations et de dérives autoritaires.

Dans ce contexte chargé d’incertitudes, de nombreux Ougandais espèrent que les urnes ne seront pas une nouvelle fois synonymes de violences, mais marqueront au contraire une étape vers un processus électoral apaisé.

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