
Affaire Farba Ngom : un gardien de prison interpellé pour des téléphones introduits en détention
L’enquête judiciaire liée à l’affaire Farba Ngom connaît une nouvelle avancée majeure avec l’arrestation d’un agent de l’administration pénitentiaire. Un garde pénitentiaire a été placé en garde à vue, soupçonné d’avoir facilité l’introduction illégale de téléphones portables au profit du député alors qu’il était incarcéré.
D’après des informations rapportées par le journal Libération, l’agent mis en cause aurait remis au moins deux téléphones mobiles à Farba Ngom, en violation manifeste des règles carcérales. Ces appareils auraient permis au détenu de communiquer librement avec l’extérieur, faisant craindre une atteinte sérieuse au bon déroulement et à la confidentialité de la procédure judiciaire.
Les investigations menées par la Section de recherches (SR) ont également permis la découverte de documents jugés sensibles lors de l’exploitation des fichiers saisis. Parmi eux figureraient des procès-verbaux d’audition concernant Tahirou Sarr, autre figure centrale du dossier, renforçant les soupçons de fuites internes et de dysfonctionnements au sein du système pénitentiaire.
Entendu dans le cadre de l’enquête après son extraction du pavillon spécial, Farba Ngom aurait choisi de garder le silence face aux questions des enquêteurs. Cette posture, loin de simplifier l’enquête, semble au contraire conforter la détermination des autorités à approfondir les investigations.
Ces développements surviennent dans un climat déjà tendu, marqué par de récentes déclarations de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Celle-ci a évoqué l’existence de faits graves impliquant des responsables politiques, des avocats ainsi que trois journalistes, suggérant l’ampleur d’éventuelles complicités autour de ce dossier sensible.
La garde des Sceaux a annoncé l’ouverture d’« enquêtes approfondies » afin d’établir les responsabilités et de sanctionner toute action susceptible de porter atteinte à l’autorité de la justice et à la crédibilité de l’État de droit.
À mesure que les révélations s’accumulent, l’affaire Farba Ngom dépasse désormais le seul cadre judiciaire pour mettre en lumière de possibles failles profondes au sein des institutions judiciaires et pénitentiaires du Sénégal.
