
Ryanair menace de réduire massivement ses vols en Belgique face à la hausse des taxes
La compagnie aérienne low cost Ryanair a annoncé son intention de supprimer jusqu’à 2,2 millions de sièges passagers dans les aéroports de Charleroi et de Zaventem d’ici 2027, si les autorités belges maintiennent les récentes hausses de taxes. L’annonce a été faite ce mercredi à Bruxelles par le PDG du groupe, Michael O’Leary, qui a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « taxes stupides » susceptibles, selon lui, de freiner le trafic aérien.
Dans le détail, Ryanair prévoit une première réduction de 1,1 million de sièges dès 2026, avant une nouvelle baisse d’environ un million de sièges supplémentaires en 2027 si aucune mesure corrective n’est prise par les autorités. La compagnie irlandaise justifie cette décision par l’augmentation des taxes passagers décidées à différents niveaux de pouvoir en Belgique.
Déjà au début du mois de décembre, Ryanair avait averti qu’elle retirerait cinq avions basés à Charleroi et supprimerait vingt liaisons dans son programme hivernal 2026-2027, une stratégie assumée pour faire pression sur les responsables politiques. Face à l’absence de recul des autorités, la compagnie se dit désormais prête à mettre ses menaces à exécution.
Lors de sa conférence de presse, Michael O’Leary n’a pas mâché ses mots, estimant que les responsables politiques belges sous-estiment la mobilité des passagers. Selon lui, une fiscalité jugée excessive poussera les voyageurs à se tourner vers des pays plus attractifs sur le plan des coûts, tels que la Suède, l’Italie, la Hongrie, la Slovaquie ou encore l’Albanie. Il a également reproché à la Belgique de prendre le contrepied d’une tendance européenne visant à alléger la fiscalité du transport aérien pour soutenir la croissance.
Cette position intervient alors que la Ville de Charleroi a décidé d’instaurer, à partir de 2026, une taxe de trois euros par passager au départ de l’aéroport. Le bourgmestre, Thomas Dermine, a précisé que cette mesure visait l’aéroport et non les compagnies aériennes, estimant qu’elle pouvait être absorbée sans conséquence majeure. Un argument rejeté par Ryanair, qui exige un abandon de cette taxe avant la fin du mois de mars, sous peine de confirmer la suppression annoncée de 1,1 million de sièges.
Par ailleurs, au niveau fédéral, une hausse de la taxe d’embarquement pour les vols de plus de 500 kilomètres a été approuvée à partir de 2027, tandis que la taxe sur les vols de courte distance sera progressivement augmentée jusqu’en 2029. Ryanair prévient que, sans intervention du gouvernement fédéral d’ici septembre, une nouvelle réduction de 1,1 million de sièges interviendra en 2027.
Ces décisions pourraient avoir des répercussions importantes sur l’emploi. À l’aéroport de Charleroi, où Ryanair est de loin la compagnie la plus présente, la direction redoute la suppression d’environ 1 100 emplois. En termes de trafic, Ryanair prévoit de passer de 11,6 millions de passagers en 2025 à 10,5 millions en 2026, puis à 9,4 millions en 2027.
Le PDG de la compagnie a toutefois tenu à préciser qu’il ne s’agirait pas d’une suppression totale de lignes, mais d’une réduction des fréquences. Certaines liaisons pourraient ainsi passer de plusieurs vols hebdomadaires à un seul, ou de plusieurs vols quotidiens à une seule rotation par jour.
