
Crise groenlandaise : l’Europe divisée face au choc stratégique provoqué par Washington
La crise autour du Groenland agit comme un révélateur des fragilités et des divergences stratégiques au sein de l’Union européenne. Si certains responsables y voient un moment charnière susceptible de provoquer un sursaut européen, d’autres doutent qu’elle débouche sur un véritable changement de cap.
Fin janvier, le président américain Donald Trump a finalement renoncé, au moins provisoirement, à toute option militaire visant le territoire autonome du Danemark. Mais le simple fait qu’une telle hypothèse ait été envisagée par les États-Unis, longtemps perçus comme le garant ultime de la sécurité européenne, a profondément marqué les dirigeants du continent, y compris parmi les plus attachés à l’Alliance atlantique.
À Bruxelles, lors d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères, le ton s’est voulu plus affirmé. Plusieurs responsables estiment que l’Europe ne peut plus se permettre une posture de dépendance stratégique et doit désormais assumer davantage son autonomie et sa dignité politique.
À Paris, le président Emmanuel Macron a lui aussi insisté sur la portée symbolique de la crise, la qualifiant d’alerte stratégique majeure pour l’ensemble de l’Europe. En recevant le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen et la cheffe du gouvernement danois Mette Frederiksen, il a réaffirmé la solidarité européenne face aux pressions extérieures.
Pour la Première ministre danoise, cette séquence confirme une rupture historique : l’ordre international tel qu’il existait n’est plus garanti, obligeant l’Europe à repenser ses certitudes en matière de sécurité et d’alliances. Reste à savoir si cette prise de conscience débouchera sur des actes concrets ou si elle restera un sursaut sans lendemain.
