Syrie : à Hassaké, le retour des forces de Damas ravive les tensions avec les Kurdes

Syrie : à Hassaké, le retour des forces de Damas ravive les tensions avec les Kurdes

L’installation des premières forces gouvernementales syriennes à Hassaké, dans le nord-est du pays, s’est déroulée lundi dans un climat de forte tension, malgré un accord récemment conclu entre les autorités de Damas et les responsables kurdes. Cette arrivée marque une étape symbolique dans la reprise en main par l’État syrien de territoires jusque-là administrés par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Lundi 2 février, un bref face-à-face tendu a opposé l’avant-garde des forces du ministère syrien de l’intérieur aux unités kurdes déployées à l’entrée de la ville. Tandis que certains agents gouvernementaux effectuaient un geste associé au ralliement salafiste, des combattants kurdes répondaient par des slogans en faveur du Rojava, le Kurdistan occidental. La scène s’est déroulée sous la surveillance aérienne de la coalition internationale engagée contre l’organisation État islamique.

Environ 150 membres de la sûreté générale, transportés à bord de véhicules blindés légers et de pick-up, ont franchi un point de contrôle tenu par les unités spéciales antiterroristes kurdes avant de rejoindre une caserne où ils se sont installés. Hassaké, ville à majorité arabe mais comptant une importante minorité kurde, demeure officiellement sous le contrôle de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (Aanes), mise en place par les FDS.

Pour le gouvernement syrien, ce déploiement constitue un premier pas vers la restauration de son autorité sur les territoires administrés par les Kurdes et symbolise la fin progressive du projet d’autonomie kurde dans la région du Rojava.

Cette évolution intervient après trois semaines de combats ayant permis à Damas de reprendre le contrôle d’environ 80 % des zones du nord-est syrien tenues par les Kurdes depuis le début de la guerre civile. Un accord global, signé le 30 janvier, prévoit l’intégration progressive des forces et des structures administratives kurdes au sein de l’État syrien, notamment celle des Asayiches, les forces de sécurité intérieure. Un processus délicat, encore marqué par la méfiance et l’amertume sur le terrain.

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