
Le président français Emmanuel Macron a entamé samedi une visite en Afrique destinée à redéfinir l’engagement de la France sur le continent, après plusieurs années de relations marquées par des tensions avec ses anciennes colonies.
Cette tournée intervient dans un contexte de recomposition des influences en Afrique, où la présence française est concurrencée par d’autres puissances comme la Russie et la Chine, et où le sentiment anti-français reste fort dans certaines régions.
Macron participera notamment au sommet « Africa Forward » au Kenya, aux côtés de dirigeants africains et d’acteurs économiques. Selon l’Élysée, cette rencontre vise à renforcer le dialogue sur le développement économique et les investissements transfrontaliers, dans un format inédit organisé dans un pays anglophone.
Le président français se rendra également en Égypte et en Éthiopie au cours de sa tournée. À Alexandrie, il doit inaugurer un campus universitaire aux côtés du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il rencontrera ensuite des responsables de l’Union africaine ainsi que des représentants des Nations unies.
Selon la présidence française, cette tournée doit illustrer une nouvelle approche des relations entre la France et l’Afrique, marquée par un éloignement progressif de la logique de la « Françafrique » et une volonté de partenariat économique plus équilibré.
Plusieurs observateurs restent toutefois prudents. Certains estiment que les tensions héritées du passé colonial et des interventions militaires françaises au Sahel continuent de peser lourdement sur les relations. D’autres soulignent que les récents retraits militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont accéléré le recul de l’influence française dans la région.
Pour Paris, l’un des enjeux de cette tournée est aussi de réorienter sa stratégie vers l’Afrique anglophone, dans un contexte de recomposition géopolitique du continent.
