L’OFNAC revendique une nouvelle offensive contre la corruption au Sénégal

Invité de l’émission Point de vue, le président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption, Moustapha Ka, a présenté un premier bilan des activités de l’institution depuis l’installation de la nouvelle équipe dirigeante fin décembre 2025. Entre progression du Sénégal dans l’indice de perception de la corruption, hausse des plaintes et multiplication des enquêtes, le magistrat évoque une « nouvelle dynamique » dans la lutte anticorruption.

Selon lui, le Sénégal est passé de 43 points en 2023 à 46 points en 2025 dans l’Indice de perception de la corruption (IPC), une progression de trois points qu’il qualifie de « record ». Malgré cette amélioration, le pays reste sous le seuil des 50 points, considéré comme la limite de sortie de la « zone rouge ».

Le président de l’OFNAC souligne également un changement dans les méthodes d’intervention de l’institution. Depuis l’arrivée de la nouvelle direction le 29 décembre 2025, deux dossiers d’autosaisine ont été ouverts, soit autant que durant les douze années précédentes. Ces dossiers concernent notamment les secteurs de la santé et de la presse, même si les détails restent couverts par le secret de l’enquête.

En six mois, l’OFNAC affirme avoir reçu 107 plaintes et dénonciations. Trente-trois dossiers ont été classés sans suite, principalement parce qu’ils ne relevaient pas des compétences de l’institution. En parallèle, 27 ordres d’ouverture d’enquête ont été signés, tandis que plusieurs autres dossiers sont en cours de transmission au département des investigations.

Sur le terrain, l’office dit avoir intensifié ses opérations. Selon Moustapha Ka, 189 personnes ont déjà été auditionnées dans le cadre des investigations en cours. L’institution a également adressé 147 réquisitions à des banques, administrations publiques et services spécialisés afin de vérifier des comptes bancaires, mouvements financiers, titres fonciers ou documents administratifs.

Le président de l’OFNAC identifie plusieurs secteurs particulièrement exposés aux faits présumés de corruption, parmi lesquels les collectivités territoriales, la santé, le foncier, l’habitat, le transport ou encore l’environnement. Il évoque notamment des pratiques d’extorsion liées aux contrôles routiers.

Enfin, le magistrat rappelle que les rapports d’enquête transmis à la justice sont examinés par une assemblée composée de douze membres indépendants, incluant magistrats, universitaires et représentants de la société civile. Selon lui, les résultats de cette nouvelle stratégie seront véritablement visibles lorsque les procédures judiciaires aboutiront devant les tribunaux.

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