
Trente-sept organisations humanitaires, dont Médecins sans frontières (MSF), Médecins du monde et Handicap International, risquent d’être interdites d’accès à Gaza si elles ne transmettent pas les noms de leurs employés palestiniens, a annoncé mercredi le gouvernement israélien. Cette mesure doit entrer en vigueur jeudi, selon les autorités.
Israël justifie cette exigence par la nécessité d’empêcher des « acteurs hostiles ou des soutiens du terrorisme » d’opérer dans les territoires palestiniens. Selon Gilad Zwick, porte-parole du ministère de la diaspora, certaines ONG « savent, comme nous le savons, que certains de leurs employés sont impliqués dans le terrorisme ou liés au Hamas ».
Les organisations concernées refusent de se soumettre à cette obligation, invoquant des risques pour leurs employés et soulignant qu’elles « n’emploieraient jamais sciemment des personnes engagées dans des activités militaires », a réagi MSF, qui conteste les accusations israéliennes.
Le ministère israélien de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme a publié la liste des 37 ONG concernées, comprenant les branches française, néerlandaise, suisse, belge et espagnole de MSF, Médecins du monde, Handicap International et CARE. Selon les autorités israéliennes, leur licence pourrait être révoquée dès le 1er janvier, avec l’obligation de cesser toute activité à Gaza d’ici le 1er mars.
L’Union européenne a exprimé son opposition à cette mesure, avertissant qu’elle entraverait l’acheminement d’aide vitale vers Gaza. La commissaire européenne Hadja Lahbib a déclaré sur X : « Tous les obstacles à l’accès [d’aide] humanitaire doivent être levés ».
Les ONG préviennent que cette réglementation aura un impact majeur sur la distribution de l’aide dans l’enclave palestinienne, déjà insuffisante malgré le cessez-le-feu du 10 octobre, qui prévoyait 600 camions d’aide par jour. Selon les Nations unies et les ONG, seuls 100 à 300 camions parviennent actuellement chaque jour à Gaza, alors que le Cogat israélien affirme que 4 200 camions entrent chaque semaine, soit environ 600 par jour.
Dans la bande de Gaza, ravagée par le conflit, des centaines de milliers de personnes déplacées vivent dans des conditions précaires, sous la pluie et le vent glacial. Cette nouvelle tension administrative menace d’aggraver une crise humanitaire déjà dramatique.
