Incendie meurtrier de Crans-Montana : la commune reconnaît une grave défaillance dans le contrôle du bar “Le Constellation”

Incendie meurtrier de Crans-Montana : la commune reconnaît une grave défaillance dans le contrôle du bar “Le Constellation”

La commune de Crans-Montana a reconnu, ce mardi, un manquement majeur dans la surveillance du bar « Le Constellation », ravagé par un incendie meurtrier lors du Nouvel An. Selon les autorités communales, l’établissement n’a fait l’objet d’aucun contrôle de sécurité incendie entre 2020 et 2025, en violation des obligations en vigueur.

Dans un communiqué officiel, la commune admet que le bâtiment est passé à travers les vérifications périodiques durant cinq années consécutives. Une faille d’autant plus troublante que les autorités affirment avoir mené plus de 14 000 inspections similaires sur le reste du territoire communal pour la seule année 2025.

« Le Conseil communal regrette amèrement ce manquement », indique le texte. Cette reconnaissance modifie désormais le cadre de l’enquête judiciaire, qui devra déterminer si l’absence de contrôles a favorisé la propagation de l’incendie et établir d’éventuelles responsabilités au sein de l’administration communale.

Lors d’une conférence de presse, Nicolas Féraud, président du Conseil communal, a déclaré : « Nous assumerons toute la responsabilité que la justice déterminera ».

Des responsabilités partagées pointées du doigt

Les autorités communales ont toutefois également mis en cause les gérants de l’établissement. « Il y a eu négligence de l’exploitant du bar. Il existait une culture du risque inconsidérée dépassant les contrôles effectués », a affirmé Nicolas Féraud, estimant que cette situation avait mis en danger clients et personnel.

Il a précisé que le Service de sécurité communal n’avait « jamais reçu d’alerte » concernant des problèmes particuliers dans le bar. Concernant les dispositifs de sécurité, le président du Conseil communal a indiqué qu’un seul extincteur était jugé suffisant pour ce type d’établissement et qu’aucun système d’alarme incendie n’était requis, selon les normes applicables. Il a également confirmé l’existence d’une porte de secours au sous-sol, sans être en mesure de préciser si celle-ci était fonctionnelle au moment du drame.

Mesures immédiates et durcissement des règles

En réaction à la tragédie, le Conseil communal a décidé d’interdire l’usage de tout engin pyrotechnique dans les lieux fermés, sur l’ensemble du territoire de Crans-Montana. Il a également mandaté un bureau spécialisé indépendant afin de procéder « sans délai » à un contrôle complet de tous les établissements publics de la commune, y compris la qualité des matériaux utilisés.

La commune, qui s’est constituée partie civile, a par ailleurs transmis au ministère public l’ensemble des documents administratifs relatifs au bar « Le Constellation ». Ces archives retracent l’historique du bâtiment, depuis sa création en 1967 jusqu’à sa transformation en 2015, soit avant la création de la commune actuelle en 2017.

Une capacité d’accueil controversée

Les documents officiels mentionnent une capacité maximale de 100 personnes au rez-de-chaussée et 100 au sous-sol, tandis que le site internet de l’établissement évoquait une capacité pouvant atteindre 300 personnes, un écart désormais au cœur des interrogations.

L’incendie survenu dans le sous-sol a coûté la vie à 40 personnes, âgées de 14 à 39 ans, et fait 116 blessés, dont 83 restent hospitalisés. À la suite du drame, la commune a retiré aux gérants français du bar, Jacques et Jessica Moretti, l’autorisation d’exploiter un second établissement sur son territoire.

Une enquête pénale a été ouverte contre le couple pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, alors que les investigations se poursuivent pour faire toute la lumière sur les causes et les responsabilités de cette tragédie.

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