
L’Iran et les États-Unis devaient entamer samedi des discussions de paix à Islamabad, dans un climat de défiance réciproque et de profondes divergences sur les conditions d’un accord.
La délégation iranienne, forte de plus de 70 membres et conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, est arrivée la première sous haute sécurité. « Nous avons de bonnes intentions, mais nous ne faisons pas confiance », a-t-il déclaré, rappelant les précédents négociations jugées infructueuses avec Washington.
Côté américain, la délégation est dirigée par le vice-président JD Vance, accompagné notamment de Jared Kushner et de l’émissaire spécial Steve Witkoff. Avant son départ, JD Vance a prévenu que les États-Unis restaient ouverts au dialogue, tout en mettant en garde contre toute tentative de manœuvre de la part de Téhéran.
Les désaccords restent nombreux. L’Iran conditionne la poursuite des discussions à un cessez-le-feu au Liban et au dégel de ses avoirs, deux exigences qui n’ont pas encore été satisfaites. De son côté, le président américain Donald Trump exige notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part majeure du pétrole mondial.
Washington place également la question nucléaire au cœur des négociations. « Pas d’arme nucléaire, c’est 99 % de l’enjeu », a insisté Donald Trump.
Le Liban, point de friction majeur
En parallèle, les frappes israéliennes se poursuivent au Liban contre le Hezbollah, malgré la trêve entre Washington et Téhéran. Israël affirme que cet accord ne concerne pas le théâtre libanais et exclut toute discussion de cessez-le-feu avec le Hezbollah.
Selon les autorités libanaises, les violences ont fait plus de 1 950 morts en quelques semaines, dont plus de 350 en une seule journée récente de frappes.
Des négociations décisives mais incertaines
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a prévenu que ces discussions marquaient une étape critique. Si une trêve temporaire a été obtenue, parvenir à un accord durable s’annonce complexe. Il a qualifié cette phase de « moment décisif », un véritable « make or break ».
Sur le terrain, la sécurité a été fortement renforcée autour du lieu des discussions, notamment à l’hôtel Serena d’Islamabad, tandis que la population reste sceptique quant à l’issue des pourparlers.
Réactions économiques prudentes
Malgré les incertitudes, les marchés financiers ont réagi positivement à la trêve. À Wall Street, les principaux indices ont progressé de plus de 3 % sur la semaine, tandis que les prix du pétrole ont reculé d’environ 13 %, signe d’un certain apaisement perçu par les investisseurs.
Ces négociations s’annoncent donc déterminantes pour l’équilibre régional, mais leur issue reste hautement incertaine.
